LIVRE lY. — CHAPITRE Ul
sance de Tacquérir : preuve manifeste que leur gosier s'était déformé et que la véritable parole humaine ne se rencontre qu'avBQ l'attitude droite ; car, bien que les organes de la parole se trouvent chez plusieurs animaux, aussi bien que chez l'homme, aucun d'eux n'est à même de fournir ce flot continu qui s'échappe librement de notre poitrine humaine et de notre bouche si étroite et si.artistement entr'ouverte. L'homme, au contraire, peut non seulement imiter tous les sons et tous les accents de sorte que c'est à juste titre que Monboddo l'appelle le mock-bird (oiseau moqueur) des créatures terrestres ; mais un Dieu lui a enseigné l'art d'exprimer ses idées à l'aide de la ymi ; de peindre des formes à l'aide des sons et de gouverner la terre par la puissance de sa parole. Le langage est donc le point de départ de son intelligence et de son perfectionnement, car c'est par le langage qu'il se gouverne lui-même et qu'il entre en possession de la réflexion et de la liberté dont son organisation le rendait simplement susceptible. Il peut, il doit csister des créatures supérieures dont le regard est assez puis-» sant pour enfanter la raison; un caractère visible leur suffit pour former, fixer et distinguer des idées ; maid l'homme de cette terre doit d'abord apprendre, par le canal de l'oreille, à saisir le langage de l'œil. La différence des choses doit d'abord être gravée dans son esprit par l'intermédiaire d'un autre : c'est ainsi qu'il apprend à communiquer ses pensées, d'une voix faible d'abord, et ensuite k l'aide du son et du cliant. Les Orientaux ont un mot bien expressif pour désigner les animaux qu'ils appellent les enfants muets de la terre. Ce n'est que lorsque l'homme fut complètement organisé pour la parole, qu^il reçut le soteffla de la dîrinité, le germe de la raison et de l'éternelle perfection, l'écho de cette voix créatrice pour régner sur la terre, ea un mort, l'art céleste des idées, la mère de tous les urts.
PBILOtOPBIB Dl L^USTOnif T. I. IS