‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 78 sur 132 · LIVRE lY. — CHAPITRE Vf · texte numérisé non relu

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humaine, si belle et si bien conformée. Il n'en est pas autrement des coutumes, des mœurs, des actions, des arts et des langues. Une seule et même humanité se fait jour à travers ces manifestations diverses que quelques nations bien rares sur la terre ont perfectionnées, mais que cent autres ont défigurées par leur barbarie ou par leurs arts faux et menteurs. Suivre les traces de cette humanité, voilà la vraie philosophie humaine, cette philosophie que le sage a appelée du haut du ciel et qui s'applique d'eUd'^même dans le commerce social comme dans la politique, danfi toutes les sciences comme dans tous les arts.

7« Enfin la religion est la plus haute humanité de l'homme et Ton ne doit point s'étonner si je lui attribue ici une place aussi élevée. Si l'intelligence est le don le plus précieux qui ait été fait à l'homme, c'est à elle qu'appartient la mission d'établir la connexion qui existe entre la cause et l'effet, et de la pressentir, de ia deviner, lorsqu'elle n'est pas apparente. Or, c'est là ce que fait Tintelligence humaine dans chaque action, dans chaque occupation, dans chaque art. Maintenant, pour qu'elle puisse poursuivre un progrès commencé, il fout qu'une intel* ligence préexistante ait à l'avance établi la connexion entre la cause et l'effet et ainsi posé les fondements de l'art. Mais nous ne pouvons suivre les opérations de la nature jusqu'au plus profond de leurs causes; nous ne nous connaissons pas nousmêmes et nous ne pouvons pas déterminer la manière dont les différaits phénomènes de la vie se produisent en nous. Ainsi un rêve, une conjecture, un nom, voilà à quoi se réduisent tous les effets que nous voyons s'opérer autour de nous ; mais ce rêve devient réalité lorsque nous remarquons souvent et invariablement le retour des mêmes effets unis aux mêmes causes : telle est la marche de la philosophie, et la première comme la dernière philosophie a toujours été la religion. Les nations même les plus sauvages V<ml pratiquée, car il n'est pas sur la

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terre une seule nation qui n'en ait au moins quelques formes et qui, à plus forte raison, ne soit en état de s'élever à la forme humaine et à rintelligence, au langage, aux devoirs du mariage, en un mot, aux coutumes propres à Thomme et à son genre de vie. Lorsque ces peuples ne pouvaient déterminer la cause visible des faits ou des événements, ils en supposaient une invisible et quelque obscure que fut la voie qu'ils poursuivaient, ils n'en persistaient pas moins à aller jusqu'au bout; seulement ils se tenaient plus à leurs contemplations qu'à l'essence même de la nature et le sentiment du beau et de l'éternel les impressionnait beaucoup moins que les objets effrayants et périssables. Il leur est arrivé rarement de ramener toutes les causes à une cause unique. Néanmoins cette première recherche était encore de la religion et l'on ne peut pas dire que chez la plupart des peuples ce soit la crainte qui ait fait naître les Dieux. La crainte, en tant que crainte n'invente rien ; elle pousse simplement l'intelligence à faire des suppositions vraies ou fausses. Aussitôt donc que l'homme apprit à appliquer son intelligence, c'est à dire dès qu'il vit le monde d'une manière différente de l'animal, il crut à des êtres invisibles et tout puissants qui pouvaient lui être utiles ou lui nuire; il chercha à se concilier leur bienveillance et à la conserver : et c'est ainsi que la religion vraie ou fausse, juste ou reposant sur des bases incertaines, vint se présenter à l'homme pour l'instruire, le conseiller et le guider à travers le labyrinthe de la vie, si plein de ténèbres et de dangers.

Non ! source éternelle de toute vie, de tout être et de toute forme, tu n'es pas restée sans te manifester à tes créatures ! L'animal courbé vers la terre, a une sensation vague de ton pouvoir et de ta beauté, pendant qu'il applique ses facultés et ses instincts, suivant les lois de son organisation : l'homme est pour lui la divinité visible de la terre. Mais tu as fait de l'homme

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