SOS PHILOSOPHIE DE L HISTOIRE
devoir te commande de les suivre, disent les philosophes *• la loi de la nature ne changera pas en ta faveur; mais plus tu en reconnaîtras la sagesse, la bonté et la perfection, plus ce modèle vivant te rendra semblable à Timage de la divinité dans ta vie terrestre. La véritable religion est donc un culte filial qui s'adresse à Dieu, l'imitation la plus élevée et la plus belle des formes humaines, jointe à la pensée d'un contentement intérieur sans limites, d'une bonté active et d'un amour dévoué pour le genre humain.
Gela nous montre la cause qui, dans toutes les religions de la terre, a attribué une plus ou moins grande ressemblance entre Dieu et l'homme, soit que l'on ait élevé l'homme jusqu*à Dieu, soit que Ton ait ravalé le père du monde à l'image de l'homme. Nous ne connaissons pas de forme supérieure à la nôtre et tout ce qui peut faire vibrer dans l'homme des affections et des sentiments humains doit être humain et compris dans la sphère de l'humanité. Ainsi une nation sensuelle a ennobli la forme humaine jusqu'à la beauté divine ; une autre, inspirée par un sentiment plus délicat et plus spirituel, s'est bornée à symboliser, pour l'œil humain, les perfections de l'Être invisible; et la divinité elle-même, quand elle a voulu se manifester au monde, elle a parlé et agi à la manière des hommes et suivant les habitudes de l'époque. Rien n'a donc tant ennobli notre forme et notre nature que la religion, simplement et précisément parce qu'elle les a ramenées à leur destination la plus pure.
Qu'un lien intime unisse la religion à l'espérance et à la croyance de l'immortalité et que ce soit par le moyen de la religion que ces dernières se sont établies dans l'esprit des hommes, c'est ce qui est dans la nature des choses; car ces idées sont presque inséparables de celles de Dieu et de l'humanité. Comment? nous sommes des enfants de l'Éternel, que
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nous deYons apprendre à connaître et à aimer en Timitant, que tout nous pousse à connaître ; que la joie comme la douleur nous pressent d'imiter : et la connaissance que nous aYons de lui est encore si obscure, nos imitations sont si faibles et si puériles, la cause même de ces effets nous échappe! Notre destinée ne comporte-t-elle donc pas un but plus parfait? Nos facultés les plus précieuses n'admettent-elles donc pas de progrès? Alors nos forces les plus nobles sont peu faites pour ce monde; elles débordent au delà de ses limites, car tout ici bas n'est destiné qu'à satisfaire aux nécessités inférieures de notre nature et nous sentons que les parties, même les plus nobles de nous-mêmes, engagent aYCC ces besoins une lutte interminable : ainsi quel que soit le but de l'organisation de l'homme, cette organisation prend bien naissance sur la terre^ mais elle la quitte' bien aYant d'aYoir atteint son entier et dernier déYe* loppement. La diYinité a-t-elle donc brisé le fil de la création bumaine? a4-elleinis tant de précautions à créer un être qui &*est pas en état de remplir sa destinée? Tout ce qui est sur la terre, n'est qu'à l'état de fragments; ces fragments resteront-ils toujours et éternellement dans cet état d'imperfection? et l'espèce humaine ne doit -elle jamais être qu'un essaim d'ombres qui s'agitent dans les ténèbres Yaines et fantastiques des rêves? Ici la religion a concentré dans la croyance, tous les besoins et toutes les espérances de notre espèce et elle a tressé pour l'humanité une couronne immortelle.