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ET DES FRANCS

Les Allemands étaient un des plus grossiers des peuples germaniques; on les voit d*abord. piller les frontières de Tempire romain, ravager ses forteresses et ses villes. Lors de la chute de Tempire, ils s'emparèrent de la partie orientale des Gaules, et, avec leur ancien territoire, ils se trouvèrent en possession d'une riche et belle contrée, à laquelle ils auraient pu donner de bonnes institutions. C'est ce qu'ils ne ûrent point : attaqués par les Francs, leur roi tombe dans un combat, et ils sont vaincus, soumis ou détruits. Enfin, sous la protection des Francs, ils fondent un duché, se convertissent au christianisme et reçoivent des lois écrites. Elles existent encore aujourd'hui, et témoignent du caractère simple et inculte des peuples à qui elles furent données. Sous les derniers Mérovingiens, on enleva son duc à ce peuple, qui se confcHKiit dans les rangs de la nation franque. S'il fut la souche des Sm'sses allemands, on doit lui savoir gré d'avoir défriché pour la

seconde fois les forêts de ces montagnes, de les avoir, petit à petit, peuplées de huttes, de hameaux, de tours, d'églises, de cloîtres et de villes. Ceux qui l'ont converti, saint Colomban et ses compagnons, surtout saint Gall, qui, par la fondation de son monastère, est devenu un des bienfaiteurs de TEurope entière, ont, également droit à notre reconnaissance. C'est à ces moines irlandais que nt>us devons la conservation de la plupart des auteurs classiques pendant le moyen âge; leurs tranquilles ermitages hu miUeu des peuples barbares furent, sinon des foyers de science, du moins la source d'im grand perfectionnement moral; ils brillent comme un phare lumineux au milieu des épaisses ténèbres de l'époque (1).

A partir de leurs alliances avec les Romains , les Bourguigons virent leurs mœurs s'adoucir. Ils se laissèrent enfermer dans des villes, et ne refusèrent pas de se livrer à l'agriculture, aux arts et au commerce. Lorsque les Romains leur eurent cédé une province dans les Gaules, ils y vécurent en paix, s'.adonnèrent à la culture de la terre et des vignes, défrichèrent les forêts, et auraient probablement fondé un empire florissant dans cette belle contrée, qui s'étend entre la Provence et le lac de Genève, sans le voisinage, au nord, des Francs envahisseurs et déprédateurs. Malheureusement cette même Clotilde, qui convertit les Francs à la foi chrétienne, était une princesse bourguignonne, qui, pour se venger de quelques atrocités de sa famille, détruisit son royaume paternel. Quoiqu'il ait à peine duré un siècle, ses lois et quelques décisions de ses conciles sont arrivées jusqu'à nous; mais c'est surtout par

(1) Tout ce qui a rapport aux relations de ces peuples avec la Suisse est heureusement mis en lumière dans VHistoire des Suisses, de Jean de MuUer ; Leipzig, 1786 ; ouvrage où le sens historique est porté à un si haut degré.

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