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LIVRE XVIII. — CHAPITRE III. 2tô

la culture qu'il introduisit sur les bords du lac de Genève et dans les provinces gauloises que ce peuple a éternisé son nom. Il sut faire de ce pays une heureuse oasis au milieu des contrées sauvages et incultes qui Tentouraient. Gondebaud, son législateur, releva Genève de ses ruines, et, pendant plus de mille ans, ces murs défendirent une ville qui eut plus d'action sur l'Europe que de vastes contrées. Combien de fois ne vit-on pas la pensée et l'imagination de l'homme s'élancer dans cette enceinte en brillants traits de feu ! Même sous les Francs, lés Bourguignons conservèrent leur ancienne constitution, ce qui explique comment, à la chute des Carlovingiens, ils furent les premiers qui se choisirent un roi. Ce nouvel État subsista pendant deux siècles, et son exemple ne fut pas perdu pour d'autres peuples, qui se constituèrent après lui.

Il est temps de parler de cet empire des Francs qui précipita la ruine de tant d'autres. Après d'incroyables efforts , ils réussirent à fonder, dans des limites assez resserrées d'abord, un Etat qui bientôt soumit les Allemands, refoula les Visigoths jusqu'en Espagne, vainquit les Bretons dans l'Armorique, s'incorpora le royaume des Bourguignons et détruisit sans pitié celui des Thuringiens. Lorsque la race déchue des Merewig et des Hlodewig fut tombée entre les mains des vaillants maires du palais (majores domus), Charles Martel défit les Arabes et subjugua les Frisons. Lorsque les maires du palais furent devenus rois, apparaît Charlemagne qui renverse le royaume lombard soumet, avec les îles Majorque et Minorque, l'Espagne jusqu'à l'Ebre, le midi de l'Allemagne jusqu'à la Pannnoie, le nord jusqu'à l'Elbe et l'Eider, enlève à Rome le titre impérial pour le transporter sur sa tète et contient dans la crainte et dans l'obéissance les peuples limitrophes, les Hims et les Slaves. Empire puissant! plus puissant que tous ceux qui s'élevèrent depuis les

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Romains, et dans son origine, comme dans les prog^rès de sa puissance, comme dans sa chute, remarquable également pour TBurope entière 1 Comment Tempire des Francs parvint à acquérir sur tous les Etats contemjK)rains cette incontestable prééminence, c'est ce que nous allons rechercher.

1» Le payé des Francs éiaU dans %ne siluation plus assurée que celle é[ aucune des peuplades errantes qui V entouraient. Lorsque les Francs arrivèrent dans les Gaules, non-seulement Tempire romain n'existait plus, mais les plus vaillantes des tribus qui les avaient précédés étaient ou établies ou dispersées. Ils vinrent facilement à bout des Claulois affaiblis : accablés par ime longue suite de malheurs, ils acceptèrent sans peine le nouveau joug, et les derniers débris des Romains se dissipèrent comme une ombre. Quand Clovis, de sa main de fer, eut assuré ses nouvelles frontières et fait disparaître tous ses voisins assez puissants pour lui porter ombrage, le champ lui resta libre, et sa France ressembla à une lie entourée do montagnes, de fleuves, de mers et de vastes solitudes de peuples subjugués. Dès que les Allemands et les Thuringiens furent soumis, aucun peuple ne fut plus disposé à émigrer après eux; les Saxons et les Frisons firent une cruelle expérience de ce que coûtait la résistance. Heureusement pour les Franks qu'ils étaient éloignés de Rome et de Constantinople, car s'ils eussent vécu. eu Italie, il est probable que les mœurs corrompues de leurs rois, la perfidie de leurs grands, la mauvaise constitution du royaume avant l'élévation des maires du païais, ne leur aurait pas préparé im sort meilleur que celui des peuplades beaucoup plus dignes des Goths et des Lombards.

2» Clo'DÎs fut le premier roi orthodoxe des Barbares^ ce qui fit plus pour sa cause que toutes les vertus. Dans quel

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