‹ Philosophie de l'histoire de l'humanitéChapitre 136 sur 208 · KOYAUME DES SAXONS, DES NORMANDS ET DES DANOIS · texte numérisé non relu

KOYAUME DES SAXONS, DES NORMANDS ET DES DANOIS

L'histoire des peuples germaniques, situés au milieu du confinent, présente un caractère tout à la fois uniforme et incomplet. Nous touchons aujourd'hui aux nations maritimes de TÂllemagne, dont les attaques furent plus rapides, les dévastations plus cruelles, les possessions plus incertaines; aussi allons-nous rencontrer des hommes d'ime bravoure inouïe, qui se jouent des entreprises les plus périlleuses conune des colères de Tocéan, des empires dont le génie respire encore la brise pure et fortifiante des mers.

Dès le milieu du v« siècle, les Anglo-Saxons, qui avaient longtemps vécu de pillage et de guerres, quittent les côtes septentrionales de TAllemagne pour venir au secours des Bretons. Hengist et Hofsa (le cheval et la cavale) étaient leurs chefs; rien ne leur fut plus facile que de soumettre les Pietés et les Calédoniens. Comme la contrée leur plut, ils y appelèrent un grand nombre de leurs frères; mais la conquête de l'Angleterre, à Texcept^on des pays de Galles

et de Comouailles, leur coûta plus de cent cinquante ans de guerres sans trêve ni merci. Il ne fut pas donné aux Cimbres, comme il l'avait été aux Visigoths en Espagne, de pouvoir sortir de leurs montagnes pour reconquérir leur antique territoire; car les Saxons, peuples sauvages à la vérité, avaient été trop tôt, en raison de leur qualité de catholiques, confirmés et fortifiés dans les possessions qu'ils avaient acquises par le vol.

Peu de temps après l'établissement du premier royaume saxon, la fille d'im roi orthodoxe de Paris avait préparé son époux encore païen, Ethelbert (Adelbert), au christianisme, que le moine Augustin, la croix d'argent à la main, introduisait solennellement en Angleterre. Grégoire le Grand, alors pontife de Rome, dévoré du désir d'asseoir la foi sur tous les trônes, et cherchant surtout à atteindre ce but par des alliances, après avoir rédigé lui-même la profession de foi de son missionnaire, l'avait envoyé en son nom, avec le titre de premier archevêque de cette île fortunée qui, dès les temps du roi Ina, avait payé à saint Pierre une large part du denier de l'Évangile. Bientôt il y eut à peine en Europe une contrée plus riche en monastères et en fondations pieuses, et cependant la littérature en tira moins d'avantages qu'on eût été en droit de l'espérer.

Le christianisme, du reste, ne s'élevait pas ici comme en Espagne, en France, en Italie et même en Irlande, siu* la souche d'une ancienne Église apostolique. De nouveaux rejetons partis de Rome, vinrent donner à l'Évangile des grossiers Saxons une forme inconnue jusque là. P'autant plus grand est le mérite des moines anglais qui opérèrent la conversion des vainqueurs ; et du moins les chroniques des couvents qui en rappellent le souvenir eussent eu une grande valeur pour l'histoire du pays, si elles avaient pu échapper aux ravages des Danois.

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