LIVRE XVIII. - CHAPITRE IV
son père l'y suivit, Roger, devenu premier roi des Deux- Siciles, fut investi du pouvoir spirituel et temporel. Sous son règne et celui de ses successeurs, les sciences progressent quelque peu dans ce coin de l'Europe; l'école de Saleme s'élève en face des Arabes et des moines du mont Cassin. La jurisprudence, la médecine, l'histoire naturelle refleurissent de nouveau, comme après un long hiver. Les princes normands ne montrent aucune faiblesse dans ce dangereux voisinage de la cour de Rome. S'étant emparés de deux des saints Pères, ils font des traités avec eux, et leur politique est plus prudente et plus adroite que celle de la plupart des empereurs allemands. Malheureusement, en s'alliant à ces derniers, ils leur donnèrent des droits à leur succession; plus malheureusement encore, les projets de Frédéric, dernier des empereurs souabes, furent bien cruellement déçus. Depuis cette époque, tristes jouets des peuples, ces deux royaumes restèrent la proie des conquérants, des vice-rois étrangers, et principalement d'une noblesse qui, de nos jours môme, s'oppose à ioute idée de perfectionnement dans des contrées jadis si florissantes.