‹ Philosophie de l'histoire de l'humanitéChapitre 143 sur 208 · LIVRE XVni. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE XVni. — CHAPITRE V

«ûceptée; de là les peuples germaniques du uord oonservèrent plus longtemps que leurs frères leur individualité et leuf* liberté. Des montagnes et des déserts séparaient ces, toribus; quelques champs cuIUvés, des troupeaux, la chasse, la pèche, fournissaient à leurs besoins. Ceux qui ne trouvaient pas de ressources sur terre, cherchaient Ibrtune sur Tocéan. Dans ces froides contrées, comme dans une Helvétie septentrionale., Tantique simplicité des xnœuTs germaniques s'est longtemps conservée; elle y régnera encore lorsqu'en Allemagne elle ne sera pliiis qu'un souvenir du passé.

Il arriva la avec le tem,ps ce qui arriva partout : les hommes libres furent peu à peu .soumis à des nobles ; les nobles devinrent rois des déserts et des bruyères, et d'une foule de petits rois Huit par sortir un chef suprême. Mais, sur les côtes du Dajaiemaik, de la Norwége et de la Scandinavie, celui à qui le joug répugnait pouvait aller chercher une autre terre; c'est 'ainsi, comme nous l'avons vu, que toutes les meirs de ces, contrées furent longtemps un champ parcouru en tous sans par d'intrépides aventuriers, qui assimilaient la |>iraterie à la poche du hareng et de la baleine. Les rois finirent eux-mêmes par se livrer à ce genre d'industrie, et ils se dépouillèrent les uns les autres; mais leurs conquêtes leur échappèrent bientôt. Les côtes de la Baltique furent celles qui eurent le plus à souffrir de ces dévastations. Fatigués de piller, les Danois n'eurent de repos que lorsqu'ils eurent détruit le commerce des Slaves et les riches ponts de Vimète et de Julien ; comme plus tard, et longtemps 'avant »lj^ hordes saxonnes, ils soumirent les Prussiens, les Courlandais, les Livoniens et les ËsthoQÛens et leur imposèrent des tributs.

Au caractère et. au..genre de vie de ces peuples du Nord, rien n'était plus contraire que lechrifitianisme, qui remplaça J[)ientôt le culte héroïque d'Odin. Déjà Chaidemague

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avait fait tous ses efforts pour imposer le baptême aux Danois eoHime aux Saxons; son fils Lodwig réussit le premier dans Mayence à convertir un petit roi du Jutland; mais il n*eut pas tant de succès auprès des sujets qui ravagèrent longtemps encore les contrées chrétiennes, et qui avaient toujours devant les yeux Texemple des Saxons, que le christianisme avait rendus esclaves des Francs. La haine de ces peuples contre le christianisme avait de profondes racines, et plutôt que de recevoir le baptême, KetUl aima mieux, trois ans avant sa mort, s'ensevelir tout vivant dans son tombeau.

Aussi, quel attrait pouvait avoir pour ces peuples des lies et des montagnes du Nord, ces symboles, ces doctrines épiscopales, ce système hiérarchique qui, renversant toutes les traditions des ancêtres, détruisant les mœurs nationales, rendait leur pauvre pays esclave et tributaire d'une cour spirituelle de Tltalie lointaine! Leurs langues, leur .manière de voir se ressentaient si bien de Tinfluence de la religion d'Odin que, tant qu'il en resterait une seule trace , le christianisme n'aurait aucun pouvoir sur eux. Que pouvait un culte ennemi des traditions, des chants, des coutumes, des temples et des monuments du paganisme, sur des peuples profondément attachés à ces choses, et qui professaient le plus- grand mépris pour les légendes et les pratiques des moines. L'interdiction du travail le dimanche, les fêtes et les pénitences, les mariages prohibés à certains degrés, les vœux monastiques, l'ordre sacerdotal qu'ils méprisaient, étaient autant d'obstacles à la conversion des hommes du Nord; et les saints missionnaires qui leur furent envoyés, même leurs rois nouvellement convertis, eurent à supporter le bannissement et la mort avant que l'œuvre de la foi fût consommée. Mais comme Rome a pour chaque nation des filets différents, l'ardeur incessante des missionnaires francs et

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