LIVRE XVIIL - GHÀPIT8E V
Borne, et les papes sureat si bien se jouer de ce titre que^ pendant toute la durée de Tempii^ partâ^ des Francs, il fut porté par plusieurs prisses d'Italie, fi, imêine par un comte de Proveoce, luort àyeugle. Arnould, bâtard de Charles, aspira à ce titre, qu'il obtint sans pouvoir le transmettre à^on fils. Quant aux deux premiers rois de sang germanique, Conrad et Henri , ils ne le souhaitèrent mémie pas. Sans se rendre comrpie «des dangers auxquels il s'exposait, Othon, qui reçut à Aix-la-Chapelie la courant)e*de Charlemagne^ prit pour sBodèle oe noble Franc ; ayant réussi à iÊaire échapper la belle Adélaïde d'une tour oii on la ret^ttait prisonnière, èette seule aventure lui donna le til^ne dltalie, et lui ouvrit le chemin de Rome. De là on vit naître une foule de querelles «t de guerres, depuis la Lombardie jusqu'à la Calabre et la Sicile : le sang versé à torrents pour l'honneur de l'empereur germain, les Allemands trahis par les Italiens, les empereurs et les impératrices outragés dans Rome, l'Italie souillée par la tyrannie allemande, l'AUemagne entraînée par l'Italie hors de sa sphère, dépensant son génie et ses forces au delà des Alpes, sa constitution dépendant d>e Rome, la nation armée contre elle-même, se nuisant à elle-même et a\ix autres, nul avantage qui résulte d'un honneur si dièrement acheté. Sic tos non vobis fut toujours sa devise. D'autant plus grande est la gloire de la nation allemande que, placée dans une situation si pleine de dangers, elle ait servi de boulevard à la liberté de toute l'Europe chréti^ine. Henri l'Oiseleur la créa dans ce but, et Othon le Grand sut en profiter; fidèle et dévoué à son chef, elle n'hésita pas à le suivre lors nvême que, perdu dans 1© chaos des institutions germaniques, il ne sut plus quelle voie suivre. Gomme l'empereur môme ne pwivait la protéger contre les pillages des seigneurs féodaux, il fallut qu'une partie des habitants s'enfermât dans des villes et
arrachât à ses spoliateurs la liberté du commerce, sans laquelle cette contrée serait restée longtemps une espèce de Tartane sauvage. Ainsi, au sein d'un État toujours en guerre, se forma, par la seule force intime de la nation, un État paisible reposant sur le négoce, les métiers et les corporations. Échappant ainsi aux entraves de la féodalité, rindustrie, développée par la patience et la loyauté allemandes, s'appliqua à divers arts nouveaux, qui forent bientôt communiqués aux autres peuples. Ce que ceux-ci perfectionnèrent, presque toujours les Allemands* Font découvert; quoique, sous le joug de la nécessité et des liesoins, ils aient eu rarement la joie de voir fleurir leuis arts dans leur propre patrie. On les voit émigrer en foule dans des pays étrangers, au nord, à Test, à l'occiient, ils devinrent les maîtres des autres peuples dans la plupart des inventions mécaniques. Ils l'auraient été également dans les sciences, si les établissements fondés pour elles, et qui étaient entre les mains du clergé, n'eussent servi d'instruments d'une politique artificielle et n'eussent été ainsi détournés de leur but. Les monastères de Corwei, de Fulde, etc. , ont plus fait à eux seuls pour la propagation des sciences que de-vastes territoires dans d'autres contrées; et dans la marche incertaine de l'humanité à travers ces âges, le sens droit et loyal de la race germanique ne se fausse jamais.
Les femmes, de leur côté, ne restèrent pas inférieures aux hommes. Activité domestique, chasteté, fidélité, honneur, tels furent toujours les traits qui caractérisèrent ce sexe, dans toute la race, dans toutes les tribus germaniques. Dès les temps les plus reculés, les arts industriels étaient entre leurs mains. Elles tissaient et fabriquaient la toile, avaient la direction des ouvriers, et, même dans les classes les plus élevées, s'occupaient à elles seules de la tenue du ménage. A la cour même, la femme de César