LIVRE XVIIl. — CHAPITRE Y
était à la tête d'une maison nombreuse; souvent la plus 'grande partie de son patrimoine était employée à l'entretien de la maison, et certes ce n'est point un malheur pour les peuples que semblable institution se soit longtemps maintenue dans plusieurs familles princières. En outre, la religion romaine, qui ailleurs avait placé les femmes dans une condition si inférieure, eut moins d'influence dans ces contrées qu&dans celles du Midi. Jamais on ne vit en Allemagne, comme de l'autre côté du Rhin, des Alpes ou des Pyrénées, les couvents transformés en lieux de débauche et de perdition; le plus souvent, au contraire, ils servirent d'ateliers aux diverses branches de l'industrie allemande. La galanterie des mœurs chevaleresques n'y dégénéra pas en licence comme dans des pays plus efféminés; le climat seul imposait déjà une vie plus renfermée, pendant que les autres nations pouvaient se livrer en plein air à leurs plaisirs et à leurs affaires.
Enfin, dès que l'Allemagne eut réussi à se constituer en royaume propre et distinct, elle put se glorifier d'avoir, sinon de grands monarques, au moins des princes qui honoraient l'ordre el le travail, tels que Henri, Othon et les deux Frédérics. Quel rôle important n'eussent pas pu jouer de tels hommes dans une sphère plus déterminée ou plus assurée l
Maintenant que nous avons examiné ce qui appartient aux individus, il est temps d'embrasser d'un coup d'œil général les institutions germaniques dans toutes les contrées où elles ont fleuri. Quels étaient leurs principes fondamentaux? Quelles furent leurs conséquences?