LIVRE Xrx. - CHAPITRE V
surtout de leurs astronomes 1 La plupart sont inconnues ou oubliées aujourd'hui; beaucoup ont péri par la guerre, par les flammes, par l'indifférence ou la barbarie. Avec eux les sciences, les plus nobles qu'ait enfantées l'intelligence humaine, ont pénétré en Tartarie, dans les pays Mongols , en Chine même . Dans Samarcande ils ont construit des tables et déterminé des époques qui nous fervent encore. ' C'est d eux que nous tenons nos caractères arithmétiques, nos chiffres ; l'algèbre et la chimie leur doivent leur nom. Ils sont les pères de cette dernière science qui mit entre les mains de l'homme de nouveaux moyens pour pénétrer les secrets de la nature, nonseulement en médecine, mais dans toutes les braijches de la physique générale. Comme ils s'appliquèrent avec moins de zèle à la botanique et qu'il leur était interdit de s'adonner à l'étude de l'anatomie, ils poussèrent d'autant plus avant leurs recherches dans les applications de la chimie à la médecine ; leurs observations presque superstitieuses des caractères et des symptômes extérieurs les amena à la distinction systématique des maladies et des tempéraments. Ce qu'Aristote était pour eux en philosophie, Euclide et Ptolémée en mathématiques, Gallien et Dioscoride le furent en médecine. Si les Arabes, qui suivirent les traces des Grecs, furent les gardiens, les propagateurs et les bienfaiteurs des sciences les plus indispensables à l'espèce humaine, on doit convenir aussi que bien souvent ils y introduisirent de nombreuses falsifications. Le goût oriental qu'ils leur avaient imprimé les suivit en Europe, et il fallut bien des peines et des efforts pour les en affranchir. Dans le cours de leurs conquêtes, ils créèrent, après l'architecture des provinces grecques, un style original qui s'introduisit avec eux en Espagne, et de là dans d'autres contrées, et la plus grande partie de ce goût que nous appelons gothique est d'origine arabe.
33H PHILOSOPHIE DE L*HlST01ltB.
4^ Knfin, nous devrions parler de eei esprit brillant et romanesque de la chevalerie qu*ils n^èlèrent sans doute à l'esprit aventureux des Européens; mais il se montrera bientôt lui-même.