‹ Philosophie de l'histoire de l'humanitéChapitre 182 sur 208 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

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iLa nature nWait en vain jeté sur les limites de cette petite ^partie du monde iai^ de cètes et de imies, ^elle 'se l'avait pas en vain sillonnée de tant de JELauves si de mers navigables ; dès les temps les plus reculé», les peuples indigènes y déployaient leur activité. Ce que la Méditerranée avait été pour le Midi, la Baltique leiut pour le Nord : un théâtre précoce pour le développemenA deila-navigation et du commerce .:des |ieuiJles. Outre les @aukiis et les Cimbfes, nous voyons les Frisons, les Saxons et principalement les Normandg, parcourir en tous sens les mers de rOuest et du Nord, et y apporter ttantôt le bien et tantiôt le mal. Des troncs d'arbres creusés leur servaient d'embarcation ; ils en arrivèrent à construire de grands vaisseaux,; ils surent tenir la haute mer et affiroater to^ les vents ; de sorte qu'aujourd'hui encore -les diviaimis de la boussole et la plupart des termes de l'art nautique portent, dans toutes les langues européennes,. des noms germaniques. L'ambre surtout était le précieux appât qui

attirait les Grecs, les Romains et les Arabes, et qui fit connaître le Septentrion au Midi. Des navires le transportaient en masses incroyables, de Marseille à travers rOcéan, le long de la côte par Carnuntum jusqu'à la mer Adriatique, et des sources du Dnieper jusqu'à la mer Noire; mais ce fut toujours la route plus facile par la mer Noire qui resta la véritable voie de communication entre le Nord, le Sud et l'Orient (1). A l'embouchure du Don et du Dnieper, deux grandes villes commerciales servaient d'entrepôt aux marchandises que la Tartarie, l'Inde, la Chine, Byzance, l'Egypte importaient en Europe, généralement par voie d'échange; même pendant les croisades, lorsque la route plus commode de la Méditerranée fut suivie, ce commerce entre le Nord et l'Orient continua toujours. Lorsque les Slaves prirent possession de la plus grande partie des côtes de la mer Baltique, ils y érigèrent de florissantes villes commerciales ; les peuples germains des îles et des côtes opposées rivalisèrent avec eux jusqu'au moment où, poussés par la soif du gain et le zèle du christianisme, ils détruisirent ce que leurs adversaires avaient si laborieusement élevé. Ils cherchèrent alors à se substituer à eux, et il se forma peu à peu, longtemps avant la véritable ligue hanséatique, une sorte de république maritime, ime confédération de villes commerçantes, qui s'étendit plus tard et devint la Grande Hanse. Comme il y avait eu dans le Nord, au temps de pillage, des rois maritimes, il se forma alors un État commercial, bien plus étendu, composé de plusieurs membres et fondé sur les vrais principes de la sécurité et du secours mutuel, modèle probable des États futurs de tous les peuples commerçants. Sur plus d'une côte septentrionale, mais

(i) Le tome I«' de VHistoire du Commerce allemand, par Fischer, fournit sur ce sujet de nombreux documente.

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