‹ Philosophie de l'histoire de l'humanitéChapitre 20 sur 208 · LIVRE XIV. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — CHAPITRE III

11 y a peu de chose à dire de la Gaule, puisque nous ne connaissons les détails de sa lutte avec Rome que par les mémoires militaires de son vainqpieur. Pendant dix ans, elle coûta à César lui-même des forces incroyables et toutes les ressources de son génie. Bien qu'il fût plus noble et plus généreux que n'importe quel Romain, il ne fut pas en son pouvoir de détourner le sort que la volonté de Rome avait assigné à ce pays et il obtint cette triste gloire d'avoir livré cinquante batailles rangées, sans compter les guerres civiles, et d'avoir tué dans la guerre 1,192,000 hommes, dont la plupart étaient Gaulois. Où sont les peuples de ce grand pays, ces peuples si actifs, si courageux?. Où était leur courage, leur génie, leur force, leurs immenses armées, lorsque, quelques siècles après, ils furent assaillis par des nations sauvages qui se les partagèrent comme des esclaves romains? Transformée en province romaine, cette belle contrée vit disparaître la religion, la civilisation, la langue, jusqu'au nom des peuples qui l'habitaient. vous, nobles et grandes âmes, Scipion, César I quelles pensées, quels regrets doivent être les vôtres, quand votre esprit, dégagé de ses terrestres entraves et planant du haut des célestes sphères, laisse tomber un regard sur Rome, cet antre de brigands, l'asile de vos assassins? Combien votre gloire doit vous sembler impure l Comme vos lauriers sont souillés de sangl Qu'ils sont odieux et inhumains, ces arts de destruction et de ruine! Rome n'est plus, et pendant qu'elle existait, chaque homme, en qui battait un cœur noble et généreux, devait se dire que tant de victoires injustes, tant de triomphes honteux devaient attirer sur sa patrie les foudres du ciel et d'effroyables vengeances.

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