LIVRE XV. — CHAPITRE I
car les droits de l'humanité sont imprescriptibles et les forces que Dieu lui a départies sont impérissables comme 43lle. Les grands progrès accomplis par les Grecs et les Romains en si peu de siècles dans la sphère qu'ils occupaient, font aujourd'hui l'objet de notre étonnement : si le but de leurs efforts ne fut pas toujours des plus nobles, ils se montrèrent du moins capables de l'atteindre. Leur exemple brillera à jamais dans l'histoire et excitera tous ceux qui leur ressemblent à chercher et à obtenir, avec l'aide égale ou plus puissante encore de la Providence, un résultat analogue ou supérieur. Sous ce point de vue, l'histoire de tous les peuples devient une école de perfectionnement où le prix à atteindre consistera dans le couronnement de l'humanité et de la dignité humaine. Combien de nations de l'antiquité ne se sont pas illustrées dont le but était moins élevé ! Pourquoi notre but à nous ne serait-il pas plus noble et plus puri C'étaient des hommes comme nous. Leurs aspirations à la meilleure condition de l'ordre social sont les nôtres, selon nos circonstances, nos opinions et nos devoirs; ce qu'ils ont fait sans miracles, nous devons et nous pouvons le faire. La divinité est venue à notre secours en nous donnant notre raison, notre industrie, nos facultés : n'attendons d'elle rien de plus. Lorsqu'elle eut créé la terre et tous les êtres. intelligents qui l'habitent, elle forma l'homme et lui dit : « Sois mon « image, un Dieu sur la terre 1 Règne et choisis. Fais tout « le bien que ta nature renferme ; je n'interviendrai pas a en ta faveur par des prodiges, car j'ai placé ta destinée « entre t^s mains, mais tu trouveras ton appui dans ces « lois saintes et étemelles que j'ai imposées à l'univers. » Examinons donc maintenant quelques-unes de ces lois naturelles qui, suivant le témoignage de l'histoire, ont protégé jusqu'à ce jour la marche de l'humanité et la protégeront tant qu'elles seront les lois suprêmes de Dieu.