‹ Philosophie de l'histoire de l'humanitéChapitre 50 sur 208 · LIVRE XV. - CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE XV. - CHAPITRE IL

son industrie. Il est manifeste que, sous ce rapport, l'avantage augmente en raison de l'art. Le vrai marchand ne trompe pas, parce que la fraude n'a jamais enrichi personne; le vrai savant ne fait pas parade d'ime fausse science; le juge qui mérite ce nom n'est pas injuste sciemment; car ils n'arriveraient qu'à se faire prendre pour des écoliers dans leur art et non pour des maîtres. Certes, le temps viendra où le politique sans raison rougira de son aveuglement, et où un tyran sera l'objet de la risée des peuples, alors qu'aujourd'hui il est déjà l'objet de leur haine légitime. Alors il sera clair pour chacim que la politique qui agit contre la raison, s'appuie sur une base fausse, et que le résultat qu'il obtiendra ne sera jamais exact, quelque grandes que soient les sommes sur lesqueUes il opère. C'est pour cela que l'histoire est écrite, et la suite des temps en fournira la preuve. Les fautes des gouvernements doivent s'épuiser d'elles-mêmes,, afin qu'après tant de désordres, l'homme en arrive à apprendre que le bonheur de ses semblables ne dépend pas du caprice et du hasard, niais des lois éternelles qui lui sont inhérentes, c'est-à-dire de la raison et de la justice. Développons maintenant ce thème ; puisse la force seule de la vérité porter avec soi sa lumière et sa propre évidence.

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