CHAPITRE III
l'espèce humaine est destinée a PARCOURIK DIFFE- RENTS DEGRÉS DE CULTURE EN CHANGEANT DE FORMES; MAIS SON BIEN-ÊTRE NE SERA DURABLE QU'aUTANT qu'il sera SEULEMENT ET ESSENTIELLEMENT FONDÉ SUR LA RAISON ET LA JUSTICE.
Première loi naturelle. Il est démontré en physique générale que, pour qu'un système soU permanent^ il doit atoir atteint une sorte de per/ection, un maximum ou un minimum, résultat de la direction des forces dont il se compose. Ainsi, par exemple, notre terre n'existerait plus aujourd'hui si son centre de gravité n'eût été déposé au plus profond de ses entrailles, et si toutes les forces qui agissent vers lui ou par lui ne se trouvaient pas entre elles dans un parfait état d'équilibre harmonique. En raison donc de cette grande loi, toute existence qui se prolonge porte en soi, comme base même de son être, sa vérité physique, sa bonté, sa nécessité.
Deuxième loi naturelle. Il est également démontré que
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toute perfection, ioîde heamté des forces combinées^ limitées entre eUes, ou du système qui en résulte^ se trouve dans un 'semblaMe maaimum, La resseonblance et la différence^ la simplicité dans les moyens, la variété dans les efièts, le meilleur emploi des forces pour atteindre le but, Ib plus sûr ou le plus profitable, voilà ce qui constitue cette symétrie, cette proportion harmonique que la nature reproduit partout, dans les lois du .mouvement comme dans les formes des opéatures, dans les êtres les plus grands comme dans les plus petits, et que l'art de l'honmie a imitées autant qu'il l'a pu. Sur ce point, plusieurs principes se limitent, en sorte que ce qui est agrandi par l'un est diminué par l'autre, jusqu'à ce que le système entier ait acquis ainsi sa forme la plus belle, sa consistance intérieure, sa bonté, sa vérité. Loi salutaire, qui bannit de la nature le caprice et le désordre, et qui nous révèle, même dans les parties les plus changeantes, les plus bornées de l'ordre universel, la règle de la beauté suprême.
Troisième loi naturelle. Il est tout aussi clairement établi que, si un être ou un système â!Ures est éloigné de ce centre de vérité, de bontés de beauté^ il s'en rapprocJ^ra par ses forces intÎTnes, soit par un mouvement de vihraiiùn, soit eau, poursuivant son asymptote., et cela parce qu*en dehors de ce centre il m se trouve aucun repos. Plus les forces seront actives et variées, plus la distance qui sépare l'asymptote de la courbe diminuera rapidement, plus les oscillations seront violentes, jusqu'à ce que l'être, troublé dans ses rapports, retrouve enfin l'équiUbre, l'harmonie de ses mouvements, et, en même tanps, la condition essentielle à sa durée.
Mainienaat comnae l'humanité, aussi bieai dans son ens^nLle que dans ses parties, les sociétés -et les nations, est de tous les systèmes permanents celui dont les forces sont les plus actives et les phis variées, cherchons d'où
vient sa stabilité, à quel point elle atteint sa beauté, sa véritéj.sa bonté la plus pure, enfin quelle voie elle suit pour se rapprocher de son état naturel, lorsqu'elle en a été écartée, ainsi que nous le montrent si souvent Thistoire efTexpérience.
1 . Gomme tout, dans la nature, repose sur l'individualité, l'humanité, ce système si compliqué de capacités et de forces ne peut se former que du concours de millions de créatures intelligentes répandues sur notre planète. Tout ce qui peut se produire sur la terre y est produit et se conserve, tant que sa durée est en rapport avec les lois de la nature. Ainsi chaque individu, tant dans la disposition de son corps que dans les facultés de son intelligence, porte en soi ce rapport harmonique pour lequel il est formé et auquel il doit se conformer. Il se produit dans toutes les conditions, dans toutes les formes de l'existence humaine, depuis l'être infime et inachevé en qui la vie peut à peine se développer et croître, jusqu'au demi-dieu de l'antiquité grecque, depuis les passions brûlantes qui bouillonnent dans le cœur du fou, jusqu'à l'idéal le plus élevé de la pensée du sage. Par ses fautes, ses erreurs, son éducation, ses besoins et ses coutumes, l'homme cherche toujours à mettre ses facultés en harmonie, car ce n'est qu'alors qu'il peut entrer dans la pleine jouissance de son être. But noble et élevé auquel bien peu pourront atteindre.
2. Si l'homme individuel n'a par lui-même qu'une existence très-imparfaite, il se forme avec chaque société im maximum de forces combinées qu'aucime d'elles ne pourrait atteindre isolément. Ces forces luttent entre elles dans ime sauvage confusion, jusqu'à ce que, sous l'empire des lois immuables de la nature, des principes opposés se limitent l'un l'autre et qu'il s'établisse entre eux ime sorte d'équilibre, une espèce d'harmonie. Ainsi les peuples