CHAPITRE IV
• d'après les lois inhérentes a leur nature .même, la raison et la justice doivent gagner sans cesse en puissance parmi les hommes et fonder l'humanité sur des bases plus durables.
Tous les doutes de l'homme, toutes ses plaintes sur l'incertitude de sa destinée viennent uniquement de ce que, voyageur égaré, il méconnaît le mouvement progressif de l'histoire et ne porte pas ses regards assez loin. Si sa vue allait plus avant, s'il comparait impartialement les siècles que l'histoire nous fait le mieux connaître, s'il scrutait plus profondément sa nature, s'il s'appliquait à la recherche de la vérité et de la raison, il ne douterait pas plus de leurs progrès que de la vérité naturelle la mieux démontrée. Pendant des milliers d'années on a regardé le soleil et les étoiles fixes comme immobiles ; heureusement que la découverte du télescope est venu détruire cette apparente certitude. Il arrivera un temps où, en comparant plus attentivement les diflférents âges du
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genre humain, celte consolante vérité nous apparaîtra claire et évidente; il y a plus, on parviendra à calculer les lois qui régissent le mouvement dans la nature humaine. Tout en restant encore sur les limites de l'histoire de l'antiquité, je ne ferai plus, de ce point central, qu'établir quelques points fondamentaux qui, semblables aux étoiles conductrices, guideront notre marche dans la route qui s'ouvre devant nous.
Premièrement. Les temps s'enchainerU m vertu de lew nature mêmey entraînant dans leur cowrs V enfant des siècles^ la race huTnaine, avec ses productions et ses oeuvres.
Malgré tous les sophismes, on doit reconnaître que notre terre a vieiUi de quelques milliers d'années, et que, dans sa course autour du soleil, elle a fini par subir plusieurs changements. Les ent^aillo^ béantes nous montrent ce qu'elle fut autrefois, et nous n'avons besoin que de regarder autour de nous pour voir ce qu'elle est aujmird'hui. L'océan primitif a cessé de gronder et il est rentré peu à peu dans son lit. Les fleuves errants se sont encaissés entre leurs bords. Les plantes et les animaux ont parcouru une suite de formes progressives, chacun suivant le genre auquel il appartenait. Comme pas un rayon de soleil n'a été perdu sur la terre depuis la création, de même pas une feuille détachée de l'arbre, pas une graine de fleur emportée par les vents, pas un débris organique, surtout pas un seul acte de quelque être animé n'a été sans action dans l'ordre imiversel des choses. La végétation, par exemplcj a augmenté et a reculé aussi loin que possible les limites de son domaine. Chaque espèce d'animaux s'est développée dans l'espace que lui avait assigné la nature. Les folles entreprises d'un génie destructeur aussi bien que l'industrie de l'homme,, ont été im instrument actif dans la main du temps. A la place où s'élevaient d'antiques cités fleiu*issent de nouveaux champs; les élé-