CHAPITRE V
hukain; aussi n'y a^ivel pas dk mébitb plus grand, de bonheur plus pur et plus durable,
QUE d'agir dans LA SPHÈRE DE SES DESSEINS.
Le philosophe qui dans la contemplation de Thistoire s'arrête au sens extérieur et en arrive à perdre la yye de Dieu et à douter de la Providence, celui-là est bien cruelloment frappé, et cela parce qu'il se borne à une vue superficielle de son objet, ou plutôt parce qu'il se fait une fausse idée de la Providence ; car s'il ne voit en elle qu'un fantôme qui apparaît à chaque détour du chemin, intervenant sans cesse dans le cours des actions humaines, sans autre but que celui que lui indiquent son caprice et sa volonté, l'his* toire, on doit le reconnaître, est le tombeau d'une telle Providence; mais un tombeau d'où sort la vérité. Que signifierait, en efiet, une Providence au service de chacun dans l'ordre universel des choses, tme Providence qui, laissant Tunivers entier sans maître, sans règle, sans loi, servirait simplement à exécuter les aveugles projets de
116 PHILOSOPHIE DE L'HISTOQIE.
<;haque insensé? Le Dieu que je cherche dans Thistoire doit être le même que celui qui existe dans la nature; car rhomme n'est qu'une petite partie du tout, et son histoire, •comme celle de l'insecte, est intimement liée à ce tissu où s'écoule sa vie. La vie doit donc présenter un système de lois inhérentes à l'essence même des choses, et dont la divinité peut tellement peu s'affranchir, que c'est en elles et par elles qu'elle se manifeste dans le suprême éclat de sa puissance, avec une bonté, une sagesse, ime beauté toujours égales. Tout ce qui peut se produire sur la terre s'y produit, selon des règles qui portent en elles leur propre perfection. Bien que nous les ayons dévelopjJées ci-dessus, reproduisons-les de nouveau ici, pour autant toutefois qu'elles touchent de très-près à l'histoire du genre humain. Leur caractère est empreint d'une bonté suprême, d'une beauté idéale et d'une nécessité absolue.
1. Tout ce qui peut vivre sur notre terre y vit réellement; car chaque organisation renferme en soi un système de forces variées qui se limitent l'ime l'autre et qui, dans leurs Umites respectives, peuvent atteindre d'ellesmêmes leur maximum de durée. Si elles ne l'atteignaient pas, les forces se sépareraient et formeraient d'autres combinaisons.
2. Au milieu de ces organisations s'élève l'homme, la couronne de la création terrestre. Des forces innombrables se réunissent en lui et ont atteint leur maximum, la raison, de même que leurs éléments matériels, se rapportant au centre de gravité, ont formé son corps selon les lois les plus belles de l'ordre et de l'harmonie. Dans le caractère même de l'honime, se trouvent donc profondément marquées sa destination même, la trace de sa carrière terrestre, les bases de sa durée et de son bonheur.
3. Ce caractère de l'humanité, c'est la raison; car elle comprend le langage de Dieu dans la création, c'est-à-