LIVRE XYI. — CHAPITRE
cause de cette dernière secousse se trouve beaucoup plus loin, dans la Mongolie asiatique; car c'est là que les Huns occidentaux furent heurtés par les Igours et d'autres peuples. Ils passent le Volga, attaquent lesAlains sur le Don et envahissent le grand royaume des Goths sur la mer Noire. Telle fut la cause du mouvement qui s'opéra dans . plusieurs nations germaniques du Midi, les Ostrogoths, les Visigoths, les Vandales, les Alains, les Suèves, qui suivirent les Huns. Il en fut tout autrement des Saxons, des Francs, des Bourguignons et des Hérules; ces derniers surtout restèrent longtemps à la solde des Romains à qui ils vendaient leur sang et leur gloire.
n faut également se garder de croire que tous ces peuples ont eu les mômes mœurs, la même culture ; leurs rapports avec les nations conquises prouvent évidemment le contraire. La manière d'agir des barbares saxons en Angleterre, des hordes errantes des Alains et des Suèves en Espagne, fut toute difiFérente de celle des Ostrogoths en Italie et des Bourguignons dans les Gaules. Les tribus qui avaient longtemps habité sur les frontières des Romains ou près de leurs colonies et de leurs places de commerce, soit à rOccident, soit à l'Orient, étaient plus douces et moins grossières que celles qui partirent des rivages incultes et des son\bres forêts du Nord. Aussi n'y auraitil rien de plus absurde, par exemple, que si chaque horde de jolermains voulait s'approprier la mythologie des Goths, Scandinaves. Jusqu'où n'ont pas pénétré* ces Goths? De combien de manière celtçi,.mythologie n^ s'est-elle pas transformée I Aux premiers GeTjnains, il ne reste, très-*» probablement, que leur Theut ou Tui^o, Mann, Hertha et Wodkn, c'est-à-dire un père, un héros, la terre et un cnef d'armée. - *
Au moins devons-nous éprouver une fraternelle joie en voyant que le trésor de la mythologie germanique a été
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recueilli et conservé à VexiréxoHê Au moside habitable^ êa Irlande, après avoir été eDriehi des traditîoiis des Normands et des chrétiens. L*Edda, eoûsîdéré comme un monument de la langue et du génie de la race germanique, est digne du plus grand intérêt. Selon qa*on s*y prendra, il peut être très-instructif ou fort inutile de comparer la mythologie de ces peuples du Nord avec cella des peuples de la Grèce ; . il ne faut surtout pas s*attendre à trouver parmi les Scaldes un Ossian ou un Homère. La terre porte-t-elle partout ks mêmes fruits 1 et les plus nobles productions de' ee genre ne sont^elles pas le résultat d'une longue culture, dHm concours de circonstances aussi rares dans tes peui^es que dans rhistoire du temps? Apprécions doue à sa juste valeur, dans ces poèmes et ces traditions, tout ce que nous y trouvons : un génie original «Qcore entouré de sa rudesse native, une imagination hardie, des sentiments vrais, du* râbles, profonds, joints à un usage parfois trop recherché des premiers rudiments de notre langue. Grâce en. soit donc rendue à tous ceux qui en nous conservant ces trésors nationaux, les ont traita de façon à en améliorer ou en étendre Tusage. Parmi ceux qui, dans ces derniers temps, se sont honorablement signalés dans ces recherches (1), je citerai surtout, avec respect et reconnaissance, le ncaoi de Sahm, qui a tant fait pour Thistij^re de rhùmaaité. C'est lui qui, du fond, de Tlrlande, a fait rayonner sur nous, brillant d'un éclat nouveau, cette belle lumière^ du Nord. C'est iur qui, aidé de plusieurs autres savants,*a cherché à en ^tendre l'influeuce'juscjne sur fhorizon actuel de nos connaissances. Ce qui est à regretter, c'est que, nou4 autres Allemands, £^us ne possédions que quelques débris
(1) Sxmund, Snorrs, Resenius, Worm, TowaeuB, Stephaaîus, Bar' tholin, Keigler, Ihre, Gœranson, Thorkelin, Érichson, les Magnsei, Auchersen, Egger», etc»