POLITIQUE ET MILITAIRE
Romulus fit le dénombrement de son peuple et il le
ili visa en tribus, en curies et en centuries; il mesura le
territoire et en fit trois parts qu'il attribua au peuple , à
rÉtat et au service des dieux : il sépara les citoyens en
patriciens et en plébéiens : des premiers il forma le sénat
et il leur confia les principales fonctions du gouvernement
et les rites sacrés du sacerdoce. Il choisit aussi un corps
de chevaliers, qui plus tard servit d'intermédiaire entre le
sénat et le peuple : enfin la relation du patron et du client
établissait im lien de plus entre ces deux grandes divisions
sociales. Romulus emprunta aux Etrusques les licteurs
avec leurs faisceaux et leurs haches, symbole redoutable
de puissance dont tout magistrat supérieur se fit précéder
par la suite. Il bannit de Rome tous les dieux étrangers,
afin de mieux étabhr Tautorité des dieux légitimes; il
introduisit les augures et quelques autres classes de devins
et établit une liaison intime entre la religion du peuple et
les institutions civiles et militaires. Il détermina les rapports mutuels de l'homme et de la femme, du père et du fils ; il organisa la cité, célébra des triomphes, puis il fut assassiné et adoré comme \m dieu. Voyez maintenant la simplicité de Tâge sur lequel pivote le cercle entier des destinées romaines 1 Les classes du peuple peu à peu augmentées, changées, opposées entre elles; d'étemelles querelles pour la prédominance des classes ou des tribus, ou de chacune d'elles isolément; chez les plébéiens, le poids toujours croissant des dettes ; chez les riches, une odieuse tyranie ; l'absence complète de repos et de bienêtre ; de vains e£forts pour alléger le fardeau du peuple, par la création d'un corps de tribuns, les lois aggraires : la justice confiée à l'ordre intermédiaire des chevaliers ; des luttes constantes au sujet de la limite des corps de l'Etat, entre le sénat, les patriciens, les plébéiens, tantôt sous une forme tantôt sous une autre, luttes qui amenèrent la confusion def deux ordres : quel empire agité, sans tenir compte des incidents de la vie de chaque jouri Mais dans tout cela, pouvons-nous voir autre chose que l'effet nécessaire d'un système actif composé aussi grossièrement que l'Etat romain renfermé entre les murs d'une cité unique? Il en est de même des magistratures supérieures qui se multiplient en raison de l'accroissement des citoyens, des victoires, de l'étendue des terres conquises et des besoins de l'Etat; cette augmentation se remarque dans les triomphes, les fêtes, le luxe, l'autorité maritale et paternelle suivant l'influence des opinions et des mœurs; partout apparaltencore l'image de cetteantique constitution que Romulus n'inventa pas, il est vrai, mais qu'il fit si forte et si inébranlable qu'elle servit encore à soutenir l'empire des Césars et que nous ne sommes guère éloignés du jour où elle subsistait encore. Cette puissance s'appelait : S. P. Q. R., « le sénat et le peuple romain. » Paroles