XVI INTRODUCTION DU TRADUCTEUR
elle qui l'avait soutenu dans toutes les épreuves, à travers les déceptions successives de sa vie : c'est à elle qu'il demanda une consolation et l'emploi de ses facultés. Il comprit enfin que la philosophie était sa véritable vocation, et en 1864 il commença la philosophie de l'Inconscient.
Déjà, dès 1858, il avait composé un essai sous ce titre : Considérations sur Vesprit^ où se trahissait une forte inclination au monisme panthéiste. En 1859, les loisirs de la vie de garnison à Spandau lui avaient permis d'écrire, sur l^ Activité spirituelle de la sensation , un traité où, avant môme do s'être élevé au concept de l'Inconscient, il essayait de réduire la sensation à la Volonté et à l'Idée, D'autres esquisses l'avaient occupé; mais les travaux de sa profession ne lui laissaient guère la libellé de les étendre ni de les achever. C'est en 1863 qu'il reprit sérieusement ses études et ses compositions philosophiques. Les sujets de psychologie l'occupaient, l'intéressaient surtout. Il écrivait, pour sa satisfaction et son instruction personnelle, sur la coquetterie, l'imagination, la conscience, l'honneur, la propreté, sur la phrénologie de Gall et les erreurs psychologiques qu'elle contient, sur la critique de la Raison pure, sur le prix de la raison et de la science dans la vie pratique, sur le concept de l'infini, enfin sur la racine unique du principe de raison suffisante. Mais tous ces essais étaient des sortes de monologues, nullement destinés à voir le jour. La Philosophie de Vlnconscient elle-même, composée de 1864 à 1867, resta une année enfermée dans un bureau. La rencontre fortuite d'un libraire intelligent décida seule de son apparition, qui aurait sans doute tardé longtemps encore. Aucune nécessité ne pressait, en effet, M. de Hartmann : il n'avait heureusement pas besoin de produire pour vivre, et n'était pas tyrannisé par les exigences d'un emploi. Maître absolu de sa plume, il n'avait à consulter ui les préjugés du public, ni