INTRODUCTION DU TRADUCTEUR. XXI
les sens ou rimagination croient saisir. Elle se résout en esprit, c'est-à-dire en activité et en idée. Elle est, pour parler le langage de l'auteur, une fonction de l'Inconscient, où nous retrouvons, comme dans toutes les autres inâriîfeslations de l'Être, l'association d'une volonlé et d'une pensée inconscientes. La conception, qui domine la science aujourd'hui, définit les atomes comme des points indivisibles, de purs centres de forces. Que l'on distingue des atomes corporels et des atomes d'éther, les premiers agissant par attraction, les seconds par répulsion, ou qu'on adopte toute autre hypothèse suivant les besoins et les conditions variables de l'cxpcricnce, on ne saurait admettre que les atomes soient étendus. Les matérialistes qui veulent associer la force à l'étendue oublient qu'il e.st impossible de faire d'atomes étendus des centres indivisibles, des points d'application des forces mécaniques, tels que le calcul mathématique les exige. Si l'on veut d'ailleurs expliquer la figure qu'on prête à ces divers éléments de la matière, il faut voir en eux autre chose que de la simple étendue géométrique, c'est-à-dire qu'une juxtaposition de parties divisibles et séparables à l'infini. On ne comprend pas davantage comment les forces d'attraction ou de répulsion réussiraient à se déployer, dans des atomes dépourvus d'intelligence, conformément aux lois mathématiques de la mécanique. 11 y a, en un mot, de l'action et une action réglée dans l'atome. Or, qui dit action dit un vouloir et par suite une fin poursuivie avec ou sans conscience. Les atomes sont des individus {individua)^ expression finie de l'individu suprême, de l'Un-Tout, modes inférieurs de l'ciclivité phénoménale de l'Inconscient, mais fondement et support de la réalité sensible : ainsi les pierres du monument et les lois mécaniques, qui règlent inflexiblement leurs rapports, sont la condition de toutes les combinaisons supérieures auxquelles l'industrie et l'art peuvent les faire