INTRODUCTION DU TRADUCTEUR. XXV
elle n'est pas. Seulement elle a un contenu plus ou moins riche, suivant qu'elle est plus ou moins aidée par la mémoire, par l'attention, par la comparaison, par Texpérience. Voilà pourquoi il distingue soigneusement la simr pie conscience, de la conscience de soi, de la conscience de la personnalité (64 a 74) ou de la pleine conscience de soi. Si rUn-Tout n'a point part à la conscience, c'est qu'il ne réunit pas les conditions nécessaires à l'apparilion de cette faculté ; c'est qu'il n'y a pas pour lui d'opposition, contre laquelle il puisse réagir par la conscience ; c'est qu'on ne saurait lui prêter un cerveau.
Nous avons étudié les deux formes essentielles de la vie, rindividualilc et la conscience. Mais entre les êtres vivants, il y a encore des différences spécifiques et particulières : nous avons à expliquer la formation de Tes; èce et celle du caractère individuel.
Obéissant au principe éminemment philosophique de la cjntinuité, de la moindre dépense de forces, M. de Hartmann admet la théorie générale de l'évolution et les lois ^essentielles auxquelles Darwin après Lamark Ta ramenée : la lutte pour l'existence, l'adaptcition, la sélection naturelle, l'hérédité. Mais, tout en reconnaissant que ces règles sont autant de mécanismes ingénieux, que 1 Inconscient fait servir à ses fins, la conservation et le développement des espèces, il soutient qu'elles ne rendent compte ni, au sein de chaque classe, de l'aptitude plus grande des espèces moins parfaites, moins développées, à donner naissance à une classe nouvelle; ni, au sein du même genre, des différences morphologiques des espèces. Elles peuvent seulement favoriser le développement dans toutes les directions des variétés au sein de l'espèce, et contribuer à faire sortir d'un même type fondamental, par l'effet de causes purement mécaniques, une riche diversité de formes progres-