XXVI INTRODUCTION DU TRADUCTEUR
sives, mais secondaires. L'adaptation et l'hérédité font bien connaître certaines lois du développement phylogénétique aussi bien qu'ontogénélique, c'est-à-dire du développement des individus comme de celui des espèces ; mais elles n'en expliquent pas le point de départ. L'intervention de l'Inconscient est nécessaire, soit pour contenir dans les limites du type spécifique les déviations individuelles produites par l'action des circonstances extérieures ou par les influences obscures qui s'exercent sur la génération; soit pour donner l'impulsion au processus créateur de chaque espèce nouvelle. Conformément au grand principe de la moindre dépense de forces, c'est d'un œuf de l'espèce inférieure que l'Inconscient fait sortir l'espèce immédiatement supérieure, en déposant en lui le germe des modifications, des perfectionnements que l'espèce nouvelle doit apporter au type de la précédente. Les travaux des embryogénistes, ceux de Kôllikcr, d'Agassiz, de Nâgeli sont mis ici à contribution par l'auteur (306). Une dernière hypothèse, propre à M. de Hartmann, nous fait même entrevoir la possibilité d'une transformation spécifique, effectuée positivement et renfermée dans la période embryonnaire de la vie de l'animal (r307). 11 est indispensable de lire l'étude sur Ilaeckel, que contient la 3* partie des Études et essais de M. de Hartmann, et surtout son opuscule sur le Darwinisme (I), si l'on veut connaître toute la pensée de notre philosophe sur l'importante question de la transformation des espèces.
A côté des différences spécifiques, nous avons dit que les individus présentent encore des différences particulières, qui constituent leur caractère propre. Quel est le principe \ d'individuation pour les individus? Si l'individuation résulte pour les individus atomiques de la place qu'ils occupent dans le temps et dans l'espace, les individus oi^a-
(1) I^ traduction en paraît chez Germor BaiUièrc, 1877.