‹ Philosophie de l'inconscientChapitre 25 sur 122 · XXX INTRODUCTION DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION DU TRADUCTEUR

reflété un moment (213). » Il faut donc reconnaître la vérité du monisme; et c'est en somme la conclusion à laquelle toute philosophie sérieuse aboutit. Ce qui fait que Tunité de rinconscient trouve tant d'incrédules, c'est qu'on identifie l'âme avec la conscience. On objecte encore contre l'unité de r Inconscient l'opposition des individus, la lutte des forces naturelles entre elles : mais le conflit des fonctions de l'inconscient n'est pas plus étonnant que celui des facultés, des penchants au sein de l'âme individuelle.

Si l'Inconscient est l'âme universelle, l'Un-Tout, il faut encore prouver qu'il n'est pas seulement l'Inconscient pour l'individu, mais l'Inconscient pour soi-même.

L'Inconscient sans doute n'est rien moins qu'aveugle : il a la clairvoyance, la sagesse absolue ; mais il ne suit pa& de là qu'il réunisse les conditions nécessaires à la conscience. Nous avons déjà établi le contraire. La conscience, d'ailleurs, loin d'être une perfection, constituerait une véritable imperfection, puisqu'elle repose sur l'opposition du sujet et de l'objet. En outre, avec une telle conscience absolue et présente à chaque individu, puisque l'Un-Tout vit et agit en chacun d'eux, comment pourraient coexister les consciences particulières (223)? Celte lumière supérieure ne les obscurcirait-elle pas toutes de son éclîit? Dira-t-on que, pour produire la conscience, l'Un-Tout doit déjà la contenir en lui-même? C'est soutenir que l'efi'etdoil se trouver dans la cause. Il suffit que la cause renferme les conditions nécessaires à la production de l'eflet, qu'elle le contienne éminemment, comme disait Descartes, non formellement. Nous ne pouvons accorder à l'Un-Tout que la conscience transcendante de la souffrance infinie; et cette conscience, où n'apparait pas la distinction d'un moi ou d'un non-moi, d'où par conséquent toute notion de la personnalité est absente, doit cesser avec le retour de Tinconscient au néant. — Si nous refusons la conscience à

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rUn-Tout, nous lui attribuons sans hésiter une inluition infaillible, que nous appellerons, si Ton veut, supra-consâenie. c Tous les attributs de rinlelligence divine (l'omniscience, la sagesse absolue, romniprcsence, Tubiquité) conviennent à l'intuition clairvoyante et inconsciente de

rUn-Tout Nous savons déjà que la volonté absolue de

rinconscient est aussi toute-puissante Il suit de là

qu'entre un théisme intelligent et la philosophie de Tinconscient on ne saurait trouver une différence sérieuse de principes (237). >

Après avoir étudié les idées de M. de Hartmann sur la matière, l'individualité, la conscience, l'espèce, Têtre universel, interrogeons-le sur les formes particulières de la vie qui nous intéressent le plus, sur l'organisme animal et sur l'homme ; et recherchons de quelle manière s'y révèle l'action de l'Inconscient. Nous savons déjà que toute la première partie de l'ouvrage, sous le nom de Phénoménologie, est consacrée à cette double étude.

'Trois idées essentielles nous paraissent dominer la conception de l'auteur sur l'organisme : l'organisme est inexplicable comme un simple mécanisme; l'organisme animal est une collection d'organismes partiels, un individu d'ordre supérieur contenant dans son sein et se subordonnant une multitude d'autres individus, qui ont chacun leur vie propre ; l'âme de l'organisme enfin n'est que l'activité, partout présente et agissante, de l'Inconscient au sein d'un agrégat d'atomes.

Ni les mouvements, soit instinctifs, soit réflexes, soit volontaires, ni les processus de la guérison spontanée ou ceux de la formation organique ne se comprennent sans

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