XXXVIH INTRODUCTION DU TRADUCTEUR
pudeur, de Tamour malernel abonde en remarques ingénieuses ou profondes. Mais c'est surtout Finstinct de Tamour, dont M. de Hartmann s'applique à démêler les mystérieux ressorts. Tout le monde connaît les fines observations de Schopenhauer sur cet attachant sujet. Notre philosophe les reprend et les étend avec une délicatesse d'analyse et un éclat de langage, qui rappellent sans désavantage le maître dont il s'inspire. Sa conclusion est que l'Inconscient suscite et gouverne tous ces instincts, comme volonté et pensée inconscientes, c'est-à-dire comme vouloir poursuivant un but sans conscience : et ce but, c'est pour rinstinct de l'amour, comme pour les antres instincts de la femme, par exemple, le perfectionnement de l'espèce par la sélection sexuelle entre inf*ividus.
Des penchants, nous passu..o a la sensibilité. Sous le nom de sensations ou sentiments, on confond habituellement deux éléments qu'il impop' ''^inguer, une affection
{affectus) et une idée. Le pio ou la peine ne varient que par le degré, non par la qualité. Ce qui le prouve, c'est qu'on compare ensemble les plaisirs et les peines de diverses espèces, ceux de l'esprit avec ceux du corps, par exemple : or l'on ne compare que des quantités de même nature. Le plaisir ou la peine ne sont que l'écho des satisfactions ou des contrariétés d'une volonté qui s'ignore, mais dont l'énergie se mesure à celle des plaisirs ou des peines qu'elle ressent. Cette théorie, qui explique l'identité du plaisir ou de la peine sous toutes leurs formes, permet aussi de comprendre l'obscurité mystérieuse des sensations et des sentiments (278). Ainsi les sensations agréables associées à l'excitation, les sensations pénibles qui suivent les troubles de la vie organique, et que certains courants . nerveux transmettent au cerveau, à l'organe de la conscience, traduisent pour cette dernière les satisfactions ou les contrariétés ressenties par les volontés des centres