XLII INTRODUCTION DU TRADUCTEUR
tonner de ces suggestions ou de ces inspirations esthétiques de l'Inconscient chez l'homme, que lorsqu'on les rencontre dans la fleur ou la plante. L'auteur pose en principe que chaque être est dominé par un instinct esthétique qui le pousse à être aussi beau « que le permettent les conditions auxquelles sa vie et sa naissance sont soumises (319). » Le mécanisme évolulionniste de Darwin démontre bien que l'hérédité augmente l'intensité et l'extension de la faculté esthétique, déjà préexistante dans les individus; mais non pas qu'elle en explique la première apparition. — En résumé, le jugement et la production esthétiques dérivent de processus inconscients, dont le résultat seul se manifeste à la conscience par le sentiment du beau. Si l'analyse esthétique réussit à traduire ces processus inconscients en processus conscients, c'est-ù-dire à les ramener à des notions pour la pensée discursive, n'est-ce pas la preuve que l'activité esthétique de l'Inconscient est toute pénétrée de logique; que le beau, en un mol, est « une manifestation spéciale de l'idée logique > (322), mais inconsciente?
L:i formation des langues, comme celle, des organismes, est une œuvre de l'Inconscient. Comment s'expliquer autrement l'identité des formes essentielles que le langage nous présente! chez tous les peuples? Comment faire honneur à la réflexion d'un seul individu ou à la réflexion collective d'un peuple de la logique merveilleuse que les langues présentent, et qui est telle que les philosophes n'ont en souvent qu'à analyser les formes du langage pour trouver les lois logiques de la pensée (325) ? L'accord des formes élémentaires et de la syntaxe, à tous les degrés du développement du langage, ne peut s'expliquer que par la vertu « d'un instinct collectif, comme celui qui préside à l'activité des abeilles, des termites et des fourmis ; que par l'action universelle d'un esprit qui soumet partout le développement du langage aux mêmes