INTRODUCTION DU TRADUCTEUR. XLHI
lois dans ses périodes de floraison et de dépérissement (328). »
Les chapitres qui suivent sur le rôle de l'Inconscient dans la pensée discursive et dans la perception ne sont pas moins riches en profondes analyses psychologiques.
€ Il s'agit avant tout, dans la pensée discursive, que le souvenir convenable se présente au moment convenable » (334). Ainsi, abstraire, c'est dégager l'élément commun d'une multitude d'idées particulières : mais cela demande une inspiration qui est refusée à l'esprit médiocre et qui n'illumine que le penseur. « Si l'intérêt qu'on prend à la généralisation est la condition indispensable à la découverte de l'idée générale, la première apparition en est due à l'action par laquelle l'Inconscient répond à ce besoin (335). » — Les concepts qui expriment les rapports des idées différentes, ceux de la similitude, du nombre, de l'unité, comme ceux de la relation, sont des produits spontanés de l'esprit, par conséquent de l'Inconscient. — Les catégories de la relation, par exemple, traduisent les lois de la logique supérieure que l'esprit s'attend à rencontrer dans la nature : mais qui voudra croire que la pensée vulgaire ait de ces lois une claire conscience, soit en état d'en rendre compte? Ne sait-on pas ce qu'il a fallu de temps aux philosophes et à un Kant lui-même pour découvrir les principes de la déduction transcendantale? Les catégoi'ies sont des idées à priori en tant qu'elles sont les produits d'une togique inconsciente; elles sont à posteriori, en timt que la réflexion les trouve toutes faites. Lorsque la conscience remonte par le raisonnement de ce contenu au principe qu'il suppose, elle reconnaît à posteriori le principe qui agissait en elle comme un à priori inconscient (341). C'est en ce sens que les affirmations diverses des sensualistes et des idéalistes peuvent se concilier. — Quant aux généralisations contingentes sur lesquelles travaille le raison-