‹ Philosophie de l'inconscientChapitre 39 sur 122 · INTRODUCTION DU TRADUCTEUR. XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION DU TRADUCTEUR. XLV

moins iniéressaot que le précédent. Après Texamen rapide de la question de la réalité extérieure et la réfutation de ridéalisme, ou mieux du subjeclivisme de Kant, M. de Hartmann expose les raisons, qui, non pas pour le temps, mais pour Tespace, établissent qu'il est un produit spontané de l'esprit, et un produit inconscient. « Nous devons considérer la production de l'espace dans l'intuition de la conscience individuelle (de même que dans la création du monde réel) comme une fonction de l'Inconscient... Kant n'a jamais fait cette observation... Le sens commun sentait bien que l'espace est un fait indépendant de la conscience. La conscience le trouve tout fait, et avec lui les dimensions diverses de l'étendue. C'est seulement après une abstraction prolongée que la notion d'espace est tirée de là; et ce n'est que tout à fait à la fm que l'espace est affirmé dans son infinité par la négation de toute limite (380). » Kant avait raison toutefois de soutenir que la forme de l'espace n'est pas apportée du dehors dans l'âme à l'aide de processus physiologiques, mais qu'elle est introduite spontanément au sein de ces processus. Les travaux des récents physiologistes, de Lotze {Théorie des signes de localisation)^ de Weber (sur l'optique et les sons), de Wundt {Essai sur les perceptions sensibles), ne permettent plus de douter qu'il en soit autrement. On a déterminé le rôle des milieux optiques, de la rétine, du nerf oculaire, des tubercules quadrijumeaux, des hémisphères dans la formation de nos perceptions d'étendue; et l'on est arrivé à cette conclusion, « qu'il n'y a aucun lien, entre la position qu'occupent réellement dans l'espace les molécules matérielles qui produisent la sensation, et les places qu'occupent dans l'étendue idéale les sensations qui se sont coordonnées dans la conscience pour former une intuition d'étendue (370). » Nous demanderons-nous maintenant pourquoi, à telle forme de vibrations, l'âme répond par telle perception

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déterminée? Il faut croire que des lois variées président à ces transformations, de même qu'aux rapports des qualités secondes et des vibrations matérielles, t Nous devons soupçonner, dans les processus physiologiques que nous avons étudiés, l'action de facteurs divers qui s'ajoutent les uns aux autres. Il est une chose certaine toutefois, c'est que ces actions, en tant qu'elles sont du domaine de la vie psychologique, ne peuvent qu'appartenir au domaine de l'Inconscient (385). j)

Nous nous sommes étendus à dessein sur ces chapitres de psy<'hologie, qui sont, à notre avis, la partie la plus originale, en même temps que la plus durable, de la philosophie de l'Inconscient. Dégageons encore rapidemeni, par une analyse rapide, les wxes nouvelles que renferment les deux études sur le mvsticisme et l'histoire.

Le mysticisme est « une manifestation spontanée de Tlnconscient, à laquelle sont dus les sentiments, les pensées, les désirs qui remplissent à certains moments la conscienre (:Î99). » Les processus les plus habituels de la vi'e psychologique, les instincts de toute sorte, les données de l'imagination esthétique sont, en ce sens, des productions mystiques. Mais nous avons surtout à parler de ces suggestions de la consrionce, dont le sens intime et le contenu sont mystiques : le sentiment de l'unité du moi et de l'absolu. C'est là qu'est la source du sentiment religieux et aussi de l'intuition philosophique (401). « C'est aux mystiques que sont dues les révélations religieuses; aux mystiques qu'est (lue la philosophie (iO;î). » L'œuvre de la philosophie est de traduire pour la réflexion et d'épurer en même temps res inspirations du mysticisme religieux.

L'histoire nous révèle un progrès qui n'est pas l'œuvre de la volonté réflérliie des individus, puisque la plupart d'entre eux ne songent qu'à poursuivre leur bien propre, et que, tout en noyant travailler exclusivement à leur in-

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