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précieuses découvertes. Les deux chapitres que la philosophie de rinconscient consacre à l'origine de la conscience et à la physiologie des centres nerveux nous paraissent mériter, à ce point de vue, d'être recommandés à l'attention spéciale des lecteurs. Ils sont propres à servir de préliminaire et d'auxiliaire à l'étude des beaux travaux de Maudsley et de.Wundt.
Il faut, si l'on prétend faire entrer la psychologie dans la voie de la science véritable, c'est-à-dire la plier aux exigences de l'expérimentation et du calcul, qu'on se décide à rechercher et à déterminer les conditions physiologiques des diverses opérations ou facultés intellectuelles. On doit se bien persuader avant tout que la conscience n'est qu'un phénomène, un processus de l'être vivant; qu'elle est soumise à des conditions mécaniques, comme tous les autres phénomènes. Sur ce terrain, M. de Hartmann se rencontre avec les partisans les plus décidés du mécanisme, avec un Dûhring, avec un Lange, comme avec un Spencer. Sans doute l'analyse des lois matérielles de la pensée consciente est trop récente, pour que les affirmations ne soient pas encore incertaines, parfois contradictoires, toujours insuffisantes. Mais les principes et la méthode du mécanisme psychologique peuvent être considérés comme définitivement établis après les travaux de l'école de Herbart, après ceux de Fechner, de Spencer, de Wundt, de Maudsley.
L'originalité de métaphysiciens comme M. de Hartmann est de généraliser, d'étendre à la matière vivante ou nerveuse tout entière la corrélation du mouvement et de la perception (au sens de Leibniz), du phénomène externe ou matériel et du phénomène interne ou spirituel, que beaucoup ne consentent à admettre encore que pour l'activité supérieure du cerveau et de la pensée. Qu'on médite les belles pages sur la téléologie et sur la face interne du plié-
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nomène réflexe, dans la physiologie des centres nerveux : elles valent de longues dissertations.
Pourquoi s'obstiner à ne voir qu'au terme extrême de révolution organique, que dans les hémisphères cérébraux, la dualité et la liaison indissoluble de la pensée et du mouvement, alors que les hémisphères ne sont que des ganglions plus richements organisés, des amas de cellules résultant, comme tous les autres éléments nerveux, de l'organisation progressive d'une même substance protoplasmatique. Ou faites comme Descartes, et niez la pensée en dehors de l'homme; ou même, soyez plus conséquent, et niez-la en dehors du moi, et ne voyez partout que mécanisme, et traitez tout le monde des êtres vivants en dehors de vousmême comme une vaste collection d'automates. Ou encore, si vous ne vous sentez pas la force de lancer de pareils défis au sens commun, résignez-vous à regarder la pensée, c'està-dire la conscience, celle de la sensation la plus obscure, la plus élémentaire, aussi bien que celle de l'idée la plus subtile, comme un phénomène inexplicable, comme une addition inintelligible, comme un appendice tout à fait inattendu qui vient, on ne sait d'où ni comment, s'ajouter à un certain moment aux processus mécaniques de la matière, sans avoir rien absolument de commun avec eux. Mais n'attendez rien des explications du matérialisme vulgaire, qui prétend faire sortir la pensée de la matière. En veut-on d'auties preuves que la nécessité où se trouve un matérialiste décidé et pénétrant, tel que Dùhring, de définir la matière comme un principe supérieurau mécanisme et à la pensée (1), comme contenant en soi la raison de l'un et de l'autre, et de borner tout l'effort de son matérialisme à soutenir que le mouvement mécanique est la condition du mouvement des pensées! Et Lange lui-même, comme le
(1) Voir Revue philoBophique,' première année, numéro d'octobre, noire analyse du cours de philosophie de Dilhring.
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remaixiue M. de Hartmann, ne revient-il pas sans cesse dans son Histoire du matérialisme sur l'impuissance absolue du matérialisme à rendre compte de la sensation, le fait le plus élémentaire de la conscience?
D'où vient donc que M. de Hartmann a rencontré parmi ses plus sérieux adversaires les deux philosophes que nous venons de citer? C'est que la conciliation du mécanisme et de la téléolog^ie, dont celle du mouvement et de la sensation n'est qu'un cas particulier, ne se présente pas toujours dans la philosophie de l'Inconscient sous la forme rigoureuse que nous lui trouvons dans la théorie des réflexes, surtout au chapitre additionnel sur la physiologie des centres nerveux. Ici le mécanisme matériel et le mécanisme idéal se correspondent exactement. Comme dans la doctrine de Spinoza, ordo et connexh idearum sont ordo etconnexio rerum;ei les modes de la pensée et ceux de rétendue se déroulent dans une corrélation parfaite. Mais, dans le reste de l'ouvrage, la volonté inconsciente paraît se manifester par des interventions spéciales, particulières; elle agit en chaque être comme une véritable providence individuelle, qui semble à tout instant suspendre le cours des lois mécaniques pour l'accommoder aux intérêts des fins spéciales qu'elle poursuit. Qu'on se rappelle ce que nous avons cru pouvoir citer plus haut des interventions perpétuelles de l'Inconscient, soit dans le développement de la vie physiologique, soit dans celui de la vie spirituelle : comme instinct, comme vertu curative, comme volonté ganglionnaire ou spinale, comme l'acteur mysté rieux qui préside à toutes nos associations d'idées même les plus vulgaires, ou comme le démon secret du penseur, de l'artiste, du philosophe, du réformateur religieux, de tous les personnages historiques enfin. La liste serait inépuisable de ces intei*ventions mystiques, comme l'auteur