LIV INTRODUCTION DU TRADUCTEUR
les appelle lui-même; et nous ne tirerons pas avantage contre lui des assertions téméraires où sa foi téléologique rengage. Assez d'autres Font fait en Allemagne; et se chargeront de ce soin parmi nous. Nous préférons laisser de côté les chicanes de détail. M. de Hartmann lui-même, avec une bonne foi qui Thonore, reconnaît dans les notes de la T édition que, sur plusieurs points, les récentes découvertes de la science ont avantageusement remplacé par des explications mécaniques les explications téléologiques auxquelles il se confiait trop volontiers ou trop exclusivement. Sur ce point d'ailleurs, l'œuvre d'un disciple, la réponse de Taubcrt à Stiebeling est le meilleur correctif aux exagérations systématiques, ou aux erreurs scientifiques du maître. Mais les principes de cette téléologie n'en demeurent pas moins. Non-seuleinent pai'tout l'idée inconsciente préside aux réactions mécaniques des atomes, aux réactions mécaniques et psychiques à la fois des cellules et des organismes vivants : mais cette activité logique de l'Idée est une véritable finalité; et non pas seulement une finalité générale, comme celle que déploie l'Idée de Hegel, mais une finalité individuelle. En d'autres termes, le Dieu de M. de Hartmann gouverne le monde non pas seulement par des lois générales, mais par des interventions parliculières.
Nous refusons énergiquement de suivre notre philosophe dans cette voie, où il semble vouloir donner la main au théisme le plus étroit. Avec Leibniz, Kant et Hegel, pour ne citer que les plus grands noms, nous maintenons que les lois du mécanisme matériel sont inflexibles. Nous répétons avec Leibniz :. « Les créatures franches ou aflranchies de la matière seraient comme les déserteurs de l'ordre général... Cet ordre demande la matière, le mouvement et ses lois. > (Éd. Erdmann, 432-537.) Kant n'exprime pas autre chose par sa théorie du déterminism3 mécanique.