INTRODUCTION DU TRADUCTEUR. LXUI
rhomrae à son image, l'homme le lui a bien rendu. » Mais il reconnaît lui-même que toute théologie comme toute métaphysique repose sur l'analogie (voir, p. 565, t. II, sur la possibilité de la connaissance métaphysique) ou l'identité universelle de l'être; et que, puisque l'Inconscient vit en nous comme dans le reste de la nature, c'est en nous que nous devons surtout l'étudier. Il suffit que nous ayons soin d'en écarter tous les traits, qui tiennent à notre individualité finie et consciente. Jusque-là, encore une fois, la théologie de M. de Hartmann, ne diffère pas de celle de Hegel ; et peut, sur bien des points essentiels, donner la main à un spiritualisme éclairé.^
Mais ce qui nous fait préférer la théologie de Hegel à celle de M. de Hartmann, c'est le dualisme des deux attributs, que soutient cette dernière, au sein de la substance absolue. La définition de chaque attribut est d'aboud contradictoire. La Volonté, n'est pas sans objet, comme elle devrait l'être. Elle veut l'existence : elle a donc un objet. L'analyse du iv* chapitre de la phénoménologie montre d'ailleurs qu'il n'y a pas de vouloir sans objet. Cette volonté veut une chose mauvaise : en cela consiste son aveuglement; mais elle veut quelque chose. Indépendamment de son union avec l'Idée, elle a déjà un contenu, si pauvre, si indéterminé qu'on le suppose : elle veut l'existence. Il n'est pas vrai par suite qu'elle soit absolument étrangère à tout contenu, à toute idée. — D'un autre côté, l'Idée qui joue le rôle de l'élément passif, féminin, comme dit l'auteur, qui sacrifie son innocence virginale à la violence que lui fait la Volonté, l'Idée veut le contraire de la vie, et déploie toute sa ruse pour triompher du désir de la Volonté. L'Idée, à son tour, n'est point par essence étrangère à tout vouloir, comme la théorie l'exige impérieusement. Dirat-on que son vouloir est infiniment moins puissant que celui de l'autre attribut? Non, puisqu'elle doit finir par