‹ Philosophie de l'inconscientChapitre 52 sur 122 · LXIV INTRODUCTION DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

LXIV INTRODUCTION DU TRADUCTEUR

triompher. L'Idée ne veut donc ni moins fortement ni avec moins d'efficacité que la Volonté.

Nous nous refusons absolument d'ailleurs à comprendre cet antagonisme manichéen des deux principes au sein d'un même être. M. de Hartmann nous a déclaré que l'analogie est le principe de sa théologie ; et c'est certainement, en effet, sur la théorie psychologique de l'inconscience de la volonté humaine, qu'il prétend fonder la démonstration de l'aveuglement absolu de la volonté divine. Mais la volonté humaine est toujours associée à une idée, inconsciente ou non : comment donc par analogie concevoir en Dieu la séparation de la Volonté et de l'Idée? La volonté humaine ne serait-elle pas alors bien supérieure à celle de Dieu, puisqu'elle est toujours guidée par la logique de l'Idée? — Enfin, sur quoi M. de Hartmann 5'appuiet-il porur espérer et affirmer que l'Idée triomphera de la Volonté? Si l'Idée n'a pas pu détourner la Volonté de sa fatale erreur dès le début des choses, comment croire qu'elle finira pourtant par y réussir? Pourquoi la Volonté ne pourrait-elle pas persévérer dans son désir insensé? L'auteur lui-même, dans les conclusions dernières de sa théologie, en est réduit à fonder sur le calcul des probabilités (p. 539 du t. Il), dont il fait trop souvent usage, l'espérance hypothétique du contraire. Mais, vraiment, c'est là une bien faible garantie !

Nous n'hésitons donc pas à préférer à la théologie de M. de Hartmann, celle de Platon ou de Hegel, qui réduisent tout à l'Idée : et hypothèse métaphysique pour hypothèse, celle-là nous paraît plus satisfiiisantc pour la raison et pour le cœur de l'homme.

Pour nous, la théologie et l'optimo-pessimisme (comme on l'a spirituellement appelé) de M. de Hartmann sont parmi les parties, peut-être les plus faibles, à coup sûr

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