‹ Philosophie de l'inconscientChapitre 57 sur 122 · OBJET DU LIVRE · texte numérisé non relu

OBJET DU LIVRE

de la pensée. Réunir tous ces phénomènes, s'appuyer sur chacun d'eux pour rendre vraisemblable l'existence d'idées inconscientes et d'une volonté inconsciente ; à l'aide de cet ensemble de faits démontrer avec une vraisemblance, qui s'élève jusqu'aux limites de la certitude, l'existence du principe commun qui les explique tous, tel est l'objet des deux premières parties de ce livre. La première observe les faits par lesquels se manifeste la vie physiologique et zoopsycbologique de la nature ; la seconde se renferme dans l'étude de l'esprit humain.

Le principe de l'Inconscient donne aux phénomènes observés leur seule explication véritable. Il n'avait pu jusqu'ici être entièrement ni formulé, ni reconnu : c'est que la vérité n'en saurait être constatée qu'autant qu'on a rassemblé tous les faits qui s'y rattachent. De l'application de ce même principe, qui était resté jusqu'ici à l'état de simple germe, on est en droit de se promettre les plus beaux résultats pour la solution nouvelle de questions qui n'étaient résolues qu'en apparence. Une foule d'oppositions et de contradictions dans les systèmes et les. doctrines du passé viennent se résoudre dans l'unité d'une doctrine supérieure, qui renferme dans son sein les conceptions opposées comme deux expressions également incomplètes de la vérité. En un mot, le principe dé l'inconscient s'applique avec le plus grand bonheur aux questions spéciales. Il est plus important encore de remarquer de quelle manière il étend insensiblement ses conséquences au delà du monde physique et moral, et conduit à des théories et à la solution de problèmes que, dans le langage habituel, on désigne comme appartenant au domaine de la métaphysique. Ces résultats découlent d'une façon si naturelle et si simple de l'application de notre principe aux considérations physiques et psychologiques, qu'on passerait sans le remarquer sur le terrain tout différent des questions métaphysiques, si l'on ne connaissait à l'avance la nature de ces problèmes nouveaux. Tout aboutit, tout converge à ce principe unique. A chaque chapitre, il semble qu'un morceau

différent du monde vienne se cristalliser autour de ce novau central, qui devient par ces additions successives comme r Un-Toui où l'univers entier est contenu, et qui se découvre tout-à-coup comme le germe d*où sont sorties toutes les grandes doctrines philosophiques, la Substance de Spinoza, le Moi absolu de Fichte, TAbsolu sujet-objet de Schelling, ridée absolue de Platon et de Hégel, la Volonté de Scho* penhauer.

Aussi je prie qu'on veuille bien n'entretenir aucune prévention déravorable contre la notion d'idée inconsciente, si elle ne présente pas tout d'abord un sens bien positif;: ce n'est que dans le cours de cette étude que le contenu réel en pourra être déterminé. Pour le moment, il suffit qu'on s'en serve pour désigner la cause inconnue, placée en dehors de la conscience sans lui être essentiellement étrangère, à laquelle on rapporte certains phénomènes. Ce principe a reçu le nom d'idée parce que, comme le principe conscient qui est connu sous le nom d'idée, il a lui-mèmô un contenu idéal, mais dépourvu de réalité, qu'on pourrait tout au plus comparer à la représentation mentale d'une réalité extérieure. La notion d'une volonté inconsciente est en soi plus claire et parait moins paradoxale (Comparez : Section A, chap. i. Conclusion). On verra à la secl. B, chap. m, que le sentiment se résout en volonté et idée; et qu'ainsi ces deux derniers principes sont au fond les seules facultés essentielles de l'âme. Le chapitre ni. A, les représente comme une unité indivisible en tant qu'As échappent à la conscience. C'est cette volonté inconsciente et cette idée inconsciente, réunies en un seul principe, que je désigne par le nom « de l'Inconscient ». Puisque leur unité, à son tour, repose seulement sur l'identité du sujet qui veut et pense sans conscience (Sect. C, ch. xv, 4), le nom d'Inconscient représente aussi le sujet identique des facul* tés inconscientes de l'âme, — un inconnu très-incontestablement, mais dont on peut du moins dire ici qu'en dehcMTS jde ses attributs négatifs c d'être inconscient et d'activité inconsciente » deux attributs très-positifs lui conviennent :

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