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LMXCONSCIENT DANS LE CARACTÈRE ET LA MORALITÉ

jeter dans ce laboratoire mystérieux, et encore grâce à l'emploi de miroirs et d'appareils d'optique, ne nous donnent jamais qu'une connaissance incertaine. Jamais on ne réussit à pénétrer dans ces profondeurs de l'ame, que la conscience n'éclaire pas, et où s'effectue la réaction de la volonté contre le motif, et le passage à la détermination.

Si l'on doit avouer que l'impression sur la volonté se dérobe toujours à nous derrière le voile de l'Inconscient, il n'est pas étonnant que nous ne puissions pas non plus pénétrer facilement les causes d'où dépend l'énergie propre des divers désirs, ou la réaction, différenlc suivant les individus, de la volonté contre les mêmes motifs. Nous devons nous contenter de considérer ces principes d'action comme le fond intime de l'individu; et nous désignons leur efTet sous le nom significatif de caractère, c'est-à-dire de signes, de marques de Tindividualilé. Nous savons par là, du moins, que ce principe intime de l'àme individuelle, que le caractère manifeste extérieurement, ce moi pratique à proprement parler auquel on attribue le mérite et la faute et sur lequel on fait peser la responsabilité des actions, cette essence particulière enfin qui nous constitue intimement, est bien éloignée de la conscience, du moi quintessencié d<5 la personnalité pure, et en diffère absolument en nous. Ce principe, le plus profondément intime de notre être, ne peut nous être connu autrement que nous le connaissons chez les autres hommes, autrement que par les inductions tirées de nos actes. € Vous les connaîtrez à leurs fruits » : ce mot s'applique aussi à la connaissance de soi-même. Combien il nous arrive de nous tromper et de croire que nous avons agi dans des intentions tout autres, meilleures que nos véritables intentions n'étaient en réalité, ainsi que les événements nous l'apprennent parfois à notre grande confusion. (La suite des considérations sur je caractère se trouvera dans la 2* partie du chap. xï. S* partie.)

Il pourrait n'être pas inutile de jeter, de ce point de vue, un regard en passant sur l'essence de la moralité. Oh a beaucoup disputé pour savoir si la vertu peut s'enseigner ;

et les théoriciens discutent aujourd'hui comme au temps de Platon. Mais le psychologue pratique n'a jamais mis en doute que, sans l'habitude, cette seconde nature de Tàme, qui est au sens propre une sorte de dressage, puisque la crainte seule forme les habitudes , quesansl'habilude, dis-je, l'enseignement n'est pas en état de produire la moi*alité chez un être. L'enseignement peut seulement éveiller les dispositions morales, en présentant à l'âme des motifs convenables, qui autrement ne se seraient peut-êlre pas offerts à relève sous celte forme et avec cette force. Il est évident que la moralité n'est pas un attribut de la pensée, mais de la volonté. La manifestation actuelle de la volonté, en tant que réaction contre le motif, nous est apparue déjà comme un acte absolument inconscient. La nature du motif d'un côté, de l'autre la nature particulière, et l'énergie des réactions de la volonté déterminent seules cet acte. Le motif n'est toujours qu'une pensée; on ne peut lui attribuer aucune moralité. 11 ne reste donc plus qu'à rapporter l'attribut de la moralité à ce facteur ignoré de la conscience, qu'on doit considérer comme une partie du caractère, et comme le principe intime par excellence de l'individualité. Ce fondement du caractère peut, comme nous l'avons dit, être modifié par l'exercice, et l'habitude : il suffit que, par l'effet d'un dessein ou du hasard, certains motifs se présentent exclusivement à la conscience. Mais l'enseignement ne saurait jamais avoir une telle influence. La connaissance la plus parfaite de la science morale n'est qu'une connaissance stérile, si elle n'agit pas sur la volonté comme motif. Et cette action dépend seulement de la nature de la volonté individuelle, c'est-à-dire du caractère. L'expérience nous apprend que les hommes, qui parlent le plus souvent de théories morales, sont souvent ceux dont le caractère est le moins moral; que les intelHgences les mieux douées, les plus cultivées par la réflexion et par la science, se rencontrent souvent chez les hommes les moins moraux. Au contraire la moralité la plus pure, la plus ferme se trouve dans les Tunes simoles, dont la culture intellectuelle est très-mé-

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