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LINCONSCIKNT DANS LE CARACTÈRE ET. LA MORALITÉ

diocre. Elles ne se sont pourtant jamais occupées de problèmes moraux, n'ont parfois pas même reçu une éducation satisfaisante, et ont été entourées de mauvais exemples; mais ces exemples, loin de les provoquer h l'imitation, ne leur inspiraient qu'une violente répulsion pour le vice. Nous voyons encore que toutes les religions, quelle que soit l'excellence de leur enseignement moral, exercent, suivant les caractères des croyants, une aussi grande ou aussi faible influence sur la moralité de ceux qui les pratiquent. La culture, à ses divers degrés, influe sur la grossièreté ou sur l'élégance des formes sous lesquelles les fautes et les crimes se produisent, mais n'exerce aucune action sur la moralité du caractère, sur la bonté et la pureté du cœur. Au contraire, la moralité d'un peuple, par rapport à celle des autres peuples, dépend exclusivement du caractère national, des mœurs, et des habitudes correspondantes qui sont l'œuvre de l'éducation. Les mœurs nationales, à leur tour, indépendamment des influences accidentelles, de la position géographique, du voisinage et du développement intérieur, résultent elles-mêmes du caractère national.

Nous sommes arrivés au résultat suivant : le principe de la moralité humaine, c'est-à-dire ce qui fait le caractère des sentiments et des actes, est caché dans les profondeurs mystérieuses de la vie inconsciente. La conscience peut bien influencer les actes, en nous présentant avec insistance les motifs qui sont propres à exercer une action sur le principe inconscient de la moralité. Mais cette action réussira-t-elle et dans quelle mesure? La conscience doit pour le savoir attendre patiemment les informations de l'expérience : car l'acte seul manifeste la volonté, et permet de reconnaître si ses intentions s'accordent, ou non avec les idées que la conscience se fait du bien et du mal moral.

Cela prouve que l'origine des actes auxquels nous donnons les qualifications do moraux et d'immoraux se trouve dans rinconscient. Il faut maintenant montrer que ces qualifications désignent des attributs, qui n'appartiennent pas en réalité et absolument au sujet auquel on les prête;

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maïs nous font envisager ce sujet au point de vue tout à fait spécial d'une conscience supérieure. Ces attributs sont les créations de la conscience : ils ne peuvent, en aucune façon, convenir à l'Inconscient. Userait donc faux de parler d'un instinct moral, bien que les actions humaines, comme telles, découlent du principe inconscient ou instinctif du caractère : par exemple des instincts de la compassion, de la reconnaissance, de la vengeance, de l'égoïsme, de la sensualité, etc. Mais cette causalité inconsciente n'a rien à voir avec les concepts du bien et du mal moral ; ceux-ci ne sont que les produits de la conscience : un instinct conscient serait une contradiction in adjecto. La dernière remarque tend seulement à prévenir qu'on ne m'oppose la conscience morale comme quelque chose d'instinctif. Elle n'est pas une chose simple, mais au contraire une faculté très-complexe, dont le développement est dû aux données les plus variées de la conscience, et peut-être suivi et déterminé avec précision.

Nous donnons les qualifications de bon et de mauvais aux phénomènes de la nature inanimée, comme le vent, l'air, les présages. Nous les étendons ensuite aux animaux, aux hommes, sauvages, aux petits-enfants. Mais ces dénominations ne font place à celles de moral et d'immoral, qu'autant que nous considérons les êtres comme responsables de leurs actes. Et nous ne leur prétons cette responsabilité que si leur conscience est assez développée, pour qu'ils puissent comprendre les notions de moralité et d'immoralité; nous ne les rendons responsables que des actes où leur conscience n'a pas été dans l'impossibilité d'appliquer cette mesure qui lui est propre. Il arrive ainsi que la même action nous apparaît comme morale ou immorale chez un être, landis que, chez un autre, elle ne nous offre aucun de ces caractères. Ainsi l'amour excessif de la propriété, que certains animaux manifestent au sein de leur espèce et dans la communauté restreinte où ils vivent (ainsi les chevaux sauvages au milieu du troupeau par rapport aux places de pftturage, et aux aliments mis en réserve), ne reçoit aucune

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