‹ Philosophie de l'inconscientChapitre 77 sur 122 · FILETS NERVEUX ET CELLULES GANGLÏONNAIB ES · texte numérisé non relu

FILETS NERVEUX ET CELLULES GANGLÏONNAIB ES

dominance progressive des puissances excitatrices, puis un abaissement rapide, qui va jusqu'à une dépression au-dessous du niveau d'indifférence de l'excitation. Après cette prédominance passagère des puissances d'arrêt, Texcitation se traduit par des ondulation? plus faibles (Wundl, p. 247-253). Plus le nerf est bon conducteur, plus sont grandes non-seulement les puissances excitatrices, mais aussi compressives qui s'y déploient. L'épuisement du nerf se manifeste encore plus par l'affaiblissement de ses énergies comprcî^sives (ce qui prolonge la durée de la réaction) q\ic par rénergie moindre de la réaction. La différence des réactions qui suivent les excitations, selon qu'elles sont faibles ou fortes, est moindre dans les nerfs épuisés que dans les nerfs bons conducteurs. — L'irritabilité augmente lorsque la même excitation se répète souvent et brusquement : les impressions successives se combinent en quelque sorte en une seule.

Des processus tout à fait analogues, mais dans des rapports différents d'énergie, se produisent dans la cellule ganglionnaire. On peut établir la comparaison, en faisant agir les mêmes excitations avec une énergie croissante une fois directement sur les nerfs moteurs, une autre fois sur les nerfs sensibles d'un seul côté du corps, dont les racines sont placées à la même hauteur dans la moelle épinièie. La cellule ganglionnaire et les filels nerveux sont entre eux comme deux chaudières à vapeur dont l'une a une soupape difficile à mouvoir, et l'autre une soupape facilement mobile. La vapeur s'échappe aisément de la seconde, même à une faible tension; la soupape de la première n'est soulevée que par les vapeurs à une forte tension, qui s'échappent par conséquent avec une grande force (Wundl, 268), La cellule ganglionnaire offre beaucoup plus de résistance à la conduction que le nerf; elle absorbe même des excitations, qui produisent en agissant immédiatement sur les nerfs des réactions déjà très-sensibles. La limite de Texcilation est donc plus élevée pour les cellules que pour les nerfs. De même, après que cette limite a été dépassée, la du-

réede rirrilation latente est plus longue, parce qu'elle doit, danslacellule, surmonterdesrésistancesplus grandes, triompher de puissances d'arrêt plus énergiques. Au contraire, dès que la réaction s'est une fois manifestée, la cellule, qui tient en réserve une plus grande provision d'énergie, déploie aussi une force plus considérable. En d'autres termes, là réaction y est plus énergique que dans le nerf à excitations égales; et même, lorsque les excitations sont de telle naUire qu'elles provoquent des contractions de hauteur égale, la durée de la réaction est aussi plus longue {Wundty p. 261 et suivantes). La combinaison en une seule d'excitations semblables, qui se succèdent rapidement, est plus sensible et plus importante danslacellule que dans le nerf. C'est à l'action collective d'excitations qui se succèdent régulièrement et qui seraient isolément restées au-dessous de la limite, qu'il faut demander le secret de la formation de la plupart des impressions sensibles d'une moyenne énergie. Elles ne sont, en effet, presque toutes qu'un composé d'excitations particulières, qui chacune isolément (comme chaque onde sonore isolément dans un son) n'auraient produit aucun effet. L'épuisement de la cellule se manifeste encore différemment de celui du nerf. Une forme particulière d'épuisement est celle que produisent les poisons qui ajrissent sur les nerfs (comme la strychnine sur les cellules ganglionnaires de la moelle épinière). Quoique la durée de l'irritation latente se prolonge dans l'empoisonnement par la strychnine, l'irritabilité est considérablement augmentée (elle dépasse même celle du nerf moteur); et chaque excitation agit comme fait sur la cellule à l'état normal toute une série d'excitations semblables. Les réactions sont plus énergiques, plus persistantes, et désordonnées jusqu'à se traduire par des convulsions. Les faibles et les fortes excitations produisent des réactions d'égale énergie; et enfin la moelle épinière réagit fonlre chaque excitation par des mouvements convulsifs ( Wnndt, p. 264-264).

En pathologie, cet état est désigné sous le nom de

Page 1