FILETS NERVEUX ET CELLULES GANGLIONNAIH KS
« faiblesse irritable >. H faut le bien comprendre, comme le prouve Maudsley, si Ton veut entendre exactement les maladies générales des centres nerveux. Lorsque la proportion normale n'existe plus entre l'excitation et la réaction, c'est le signe d'une perturbation maladive, c'est la forme la plus simple du « délire » de la cellule ganglionnaire. La cellule « en délire » ne dispose pas d'une énergie plus considérable que la cellule saine; elle la prodigue pour réagir contre de trop faibles excitations, elle la dépense en mouvements tétaniques.
Le délire des petits enfants et des animaux (à l'exception de ceux qui sont très-rapprochés de l'homme) consiste essentiellement dans le délire des cellules ganglionnaires de la moelle allongée et de la moelle épinière, dans le groupement désordonné des éléments nerveux de chaque celhile, et par suite aussi dans la réunion désordonnée des groupes particuliers de cellules centrales. Les divers groupes de cellules ne fonctionnent plus avec régularité et avec ensemble; chaque groupe réagit par des convulsions tétaniques contre les plus faibles excitations, contre celles qui passent inaperçues dans l'état normal, et n'est plus capable de sentir à l'unisson des groupes avoisinanls. Le résultat d'un tel état, ce sont des convulsions désordonnées, des mouvements comme ceux de la danse de Saint- Guy. — Les convulsions peuvent aussi provenir de centres supérieurs, où prennent naissance les réflexes qui répondent aux perceptions sensibles. Elles sont alors en rapport avec des sensations réelles ou imaginaires, et se traduisent par le besoin de combattre, de détruire ou de tuer. Telle est la rage de l'éléphant en délire, la folie du maniaque, qui sent dans son nez une odeur de soufre, et voit j^es persécuteui-s imaginaires sous des formes diaboliques et comme environnés de flammes, qui croit lutter contre eux ou contre un loup imaginaire pour défendre sa vie. — Le délire enfin dans la sphère de la volonté et de la pensée conscientes n'est pas autre chose que le délire des cellules mêmes des hémisphères cérébraux; la folie consiste dans
Ht PHYSIOLOGIE DES CENTRES NERVECX.
les mouvements convulsifs de la pensée et du sentiment, comme la danse de Saint-Guy dans les convulsions réflexes des nerfs moteurs.
Il serait tout à fait déraisonnable de voir dans la perturbation moléculaire des cellules ganglionnaires qui dépensent leur provision de force en des réactions disproportionnées aux excitations reçues, un état d'énei^ie supérieure et une capacité plus haute pour l'action. L'irrilabilité, que la maladie a rendue désordonnée, a beau manifester au dehors sa puissance destructive; elle n'est toujours qu'un symptôme de faiblesse. C'est ainsi que l'explosion d'une machine à vapeur ne prouve pas en faveur de la qualité et de la solidité de la machine, maisdémontrebien plutôt qu'elle avait quelque partie faible. L'exaltation de la personnalité, la joie débordante du maniaque, au début de la maladie, ou le délire du fou furieux ne témoignent pas plus en faveur de la force et des facultés de la substance grise du cerveau rhez chacun d'eux, que les convulsions réflexes des nerfs moteurs en faveur de la moelle épinière qui a été empoisonnée par la strychnine. Dans les deux cas on ne découvre qu'une exagération maladive de la force dépensée; aussi la faiblesse avec irritation amène-t-elle toujours à sa suite la feiblesse avec torpeur. La manie aboutit à la folie où la pensée est absente et à l'idiotisme; les convulsions finissent par l'entier épuisement des organes intéressés et dans une certaine mesure de l'organisme entier. L'apparition spontanée dans l'organisme de la faiblesse avec irritation des cellules glanglionnaires n'est que le premier degré d'un processus de dégradation, que l'irritabilité accélère d'autant plus que la dépense de force augmente, alors que l'énergie potentielle a déjà subi une diminution.
Considérons dans un examen d'ensemble en quoi consiste la diflerence de la masse nerveuse dans la cellule ganglionnaire et dans le cylindre-axe des filets nerveux (le seul élément actif nerveux). On peut dire, en résumé, que chez le dernier domine la décomposition chimique; et que la recomposition l'emporte chez le premier, pendant le repos