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CARACTÈRE TÉ LÉOLOGIQUE DE LA FONCTION RÉFLEXE

mais îl ne peut d'ailleurs noréconnaitre la finalité éclatante des réOexes qui suivent les excitations de moyenne énergie. € Une grenouille décapitée frotte sa cuisse contre les pinces avec lesquelles on Tirrite; ou elle essuie avec la patte la goutte d'acide que l'on verse sur sa peau. Elle cherdie à sauter pour échapper à une excitation mécanique ou électrique. Placée dans une position inaccoutumée, par exemple sur le dos, elle revient à sa position antérieure. L'excitation ne produit pas seulement ici un mouvement général, qui s'étend d'autant plus loin que l'excitation est plus énei*gique et que l'ipritabilité de la partie excitée est plus grande ; mais le mouvement est approprié encore à la nature.de l'impression extérieure. Dans le prepiier cas, c'est un mouvement pour repousser ; dans le second pour se débarrasser de la cause irritante; dans le troisième, pour éloigner le corps de l'espace où se fait sentir l'action redoutée; dans le quatrième enfin pour replacer le corps dans sa position antérieure. Cette convenance des réflexes est encore plus évidente- dans les expériences imaginées par Pfliîger et Auerbach, où les conditions habituelles du mouvement étaient modifiées. Une grenouille, par exem* pie, dont on a coupé la patte du même côté où l'on irrite sa peau avec un acide, fait d'abord des efforts inutiles avec le tronc amputé ; puis a recours presque régulièrement à l'autre patte, qui reste habituellement en repos chez l'ani mal non mutilé (1). Si Ton attache une grenouille décapitée sur le dos, et que l'on verse de l'acide sur le côté intérieur de l'une des cuisses, on voit l'animal chercher à se débarrasser de l'acide en frottant les deux cuisses l'une contre l'autre. Que l'on écarte la cuisse en mouvement loin do l'autre, l'animal après quelques vains efforts replie tout à coup la seconde et atteint juste la partie irritée (2). Quo l'on brise enfin le fémur à des grenouilles décapitées et qu'on verse un acide sur la r^ion sacrée, pendant qu'elles

(1) Pfliiger, Le» fondions iensorieUes de la moelle épinièrey p. iâo.

(^) Aocrbacb dans le iouriial de cliajqtic médicale de Guntburtp, IV, p 487.

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sont étendues sur* le ventre, elles savent, malgré le traité- •tement violent qu'elles ont subi, atteindre la partie attaquée par Tacidé avec les pattes des membres brisés. Ces observations, que Ton pourrait varier à Tinfitii, montrent que ranimai, dont le cerveau a ^té enlevé totalement, peut adapter ses mouvements aux conditions extérieures, de telle manière que, si la conscience et la volonté étaient encore -en fonction, il faudrait supposer cher lui un& complète connaissance de la position du corps entier et de ses diverses parties (82^4). »

La dernière conclusion de Wundt, qui concerne la connaissance consciente que Fanimat aurait de son propre corps, dépasse évidemment lé but de son auteur. Wundt •le reconnaît Itii-mème, puisqu'il . fait remarquer que .rhomme ne possédé pas une telle* science, même dans la plénitude de sa conscience et de sa liberté. H aurait donc dû conclure que la conscience et la volonté peuvent également se rencontrer dans les* actes réflexes de la moelle

épinière, sans qu'il soit nécessaire pour cela que l'animal connaisse avec conscience la situation des dî^verses parties

• de son propre corps. S'il n'avait pas négligé cette conclusion,il n'aurait plus trouvé aucune raison, même dans te mécc^nisme des processus réflexes, pour révoquer en doute

-que la conscience et la volonté y interviennent, puisqu'il croit pouvoir expliquer mécaniquement les fonctions des deux hémisphères, ssois pour cela contester le rôle des facultés en question.

Voici ce qu'il dit : € On doil reconnaître que la direction spontanée qu'il faut «ittrRiuer à l'animal pour expliquer les modifications variées de ses mouvements inconscients est, on partie, d'une complication extraordinaire : mais comment, si Ton abandonne une fois le principe du roéca-

^ nisme, tracer la limite où s'arrêtent les explications tirées

^de I4 machine animale? > <822) Wundt devrait appliquer la même remarque au mécanisme des hémisphères cérébraux; et son raisonnement le conduirait à nier la conscience et la volonté en général. Si l'argument n(3 vaut

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rien dans. ce dernier cas, il n'a aucune valeur en général. El cela vient de ce que son raisonnement repose sur Topposition du mécanisme et: de la volonté, qu'il a lui-même^ reconnue fausse. — La doctrine cartésienne, que les animaux sont des automates qui marchent et qui nous trompent par l'apparence de la pensée, est regardée aujourd'hui par tout homme de bon sens comme une erreur révoltante. Jusqu'à quand nos modernes physiologistes se laisseront-ils dominer par une erreur non moins grossière, et persisteront-ils à ne voir dans les manifestations de la vie organique des centres inférieurs que les purs effets d'un mécanisme sans vie intérieure?

La psychologie physiologiste devrait, au contraire, se sentir obligée de conclure dans un sens contraire et de dire : € Si la vie tout entière des centres organiques, considérée du dehors, se réduit à un mécanisme moléculaire, et si à ce mécanisme répondent dans notre conscience une pensée et un vouloir intelligents, cette intelligence, qui se manifeste à la conscience dans le cei^eau, doit se retrouver, dès l'origine, au fond de l'activité de toute cellule ganglionnaire, bien qu'elle ne sort pas toujours perçue par une conscience. On ne voit paraître aux plus hauts degrés du développement que ce qui est déjà présent en germe aux degrés inférieuis. » Le physiologiste matérialiste, qui ne considère la pensée et le vouloir conscients que comme la réaction purement passive des mouvements extérieurs, romme un complément accidentel, accessoire, que présentent les nerfs à certaines phases de leur mécanique mole-' culnire, est entièrement incapable de reconnaître à la conscience une activité propre. Il ne lui reste donc qu'à expliquer la fmalité qui se manifeste incontestablement dans la pensée et le vouloir conscients par la finalité du mécanisme des molécules nerveuses. En d'autres termes, le matérialisme ne peut s*empècher d'admettre la finalité fonctionnelle des cellules ganglionnaires, s'il ne veut pas s'interdire toute explication de la finalité, dont témoignent les réflexions et les résolutions de la conscience.

La finalU^ démontrée par l'expérience ne s'explique naturcHcment pour le matérialisme qu'avec l'aide du darwinisme, qui fait dériver de la sélection naturelle la finalité que révèlent les dispositions moléculaires des cellules ganglionnaires. Mais si cette tentative d'expliquer les faits sans s^appuyer sur les principes métaphysiques de la téléologie paraît d'une manière générale tout à fait insuf* fisante (1), elle l'est surtout dans ce cas particulier dont il s'agit ici. On ne voit pas bien comment /entre tant d'autres modiHcations bien plus importantes de Toi^anisation individuelle, un degré plus ou moins élevé de dispositions réflexes dans la substance grise de la moelle peut modirier d'une manière décisive les aptitudes d'un animal à soutenir la concurrence vitale. Le principe établi par Lamarkc du perfectionnement graduel par l'exercice n'explique pas mieux le phénomène en question. Si l'on peut regarder les modifications intelligentes de la fonction, que I habitude doit forlifier, comme résultant de la moelle épinière ou des centres supérieurs (2), la conscience passive qui les accompagnerait ne rendrait pas compte de la finalité de ces modifications, puisque, d'après la théorie matérialisle, la finalité des associations dos idées conscientes ne s'explique elle-même, & son tour, que par la finalité de la mécanique moléculaire. Wundt a parfaitement raison de nous rap-

(1) Voir mon écrit : Vérité et erreur dont te darwinume. Exponiiom critique de ta tfiéorie du développement organique. IScrlin, C. Duoekcr, 1K75. Traduit on français cliex Gcrmcr-ikiillièrc .

(2) Vw fonctions do la moelle épinière chez les animaux supérieurs font la mémo impression en quelque sorte quo les actions d*un hon^e qui ■ été longtemps esclave d*un maître très-dur, et n*a pu développer librement ses facultés diverses, mais a dû constamment 8*appliquer à des travaux tout â Hiit spéciaux. La moelle épinière des animaux supérieurs est constamment forcée de faire une liesognc matérielle pour le cerveau et en a contracté une certaine hébétude : mais il ne faut pas conclure de là qu*elle a perdu la conscience et la volonté (alors qu'elle les possède évidemment chez les animaux inférieurs). Elle témoigne, au cuntratre, d*une incontestable intelligence dans la sphère laissée à son acUvité; et, même dans les cas anormaux produits par la maladie, elle s*babittic bien vite à suppléer le cerveau et à se ch«irgcr de lâches qui exigent plus d*initi;itivc.

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peler avec insislance que riiypothèsc d'une conscience et d'une volonté de la moelle épiniére ne sert de rien pour expliquer la finalité des mouvements (829). Mais il devrait raisonner avec plus de conséquence et conclure qu'un degré élevé de conscience n'y sert pas plus qu'un degré inférieur; que la conscience cérébrale comme la conscience de la moelle est aussi inutile pour expliquer la finalité des mouvements corporels qu'une cinquième roue à un carrosse ; qu'enfin le principe de Lamarck, du moment ou l'on regarde la réflexion consciente comme la cause de la modification intelligente de la fonction, tourne dans un cercle vicieux (!).

On n'échappe à ce cercle vicieux qu'en admettant que ces modifications régulières de la fonction, qu'une répétition fréquente imprime aux dispositions moléculaires et qui rencontrent une résistance toujours moindre, sont dues à Taction inconsciente d'un principe téléologique, dont l'influence sur le perfectionnement des centres nerveux n'est qu'un cas particulier de son action générale comme principe tcléologi«|ue de l'organisation. De même que le mécanisme extérieur des processus matériels et le mécanisme interne des idées et des désirs conscients ne sont que les manifestations correspondantes d'une seule et même substance métaphysique ; ainsi la régularité de ce mécanisme externe et interne n'est pas simplement le développement

(1) Maiidslcy, qui sent très-bien que le problème de rexistcncc inconteslablo de la nnalilé op^oique est insoluble au point de vue matérialiste, se lire d*embarras, comme un véritable Anglais qu'il est, ca invoquant les desseins impénétrables de la sagesse divine. Le passage est trop signiAcatif et met trop bien en lumière la science anglaise pour que je résiste i la tentation de le reproduire ici. • On nous objectera peut-être que le perfectionnemenl progressif de celte (Itialité innée des centres nerveax par la voie de l'éducation trahit déjà en soi-môme une finalité. Nous répondrons seulement que c*est là, sous une autre forme, la confirmation de ce fait que les choses sont ce qu'elles sont (c'est-à-dire ici qu'elles ont une constitution et une activité pleines de convenance). Nous ajouterons que, selon notre ferme conviction, la science ne sera jamais en état do pénétrer dans le secret de la saj^csse créatrice (p. 7:2). » Comment un savant anglais peut-il bien après cela avoir encore le courage de continuer sa recherche?

parallèle de substances reliées entre elles par une harmonie préétablie, mais raccord des phénomènes émanés d*une substance métaphysique une dans son essence. Envisagée sous ce point de vue» la conscience conserve sa passivité : non plus comme accident de la matière, mais comme phénomène d'une substance immatérielle, dont le mouve* ment matériel est l'autre manifestation phénoménale. Le principe psychique n'est plus limité à la sphère de la conscience, mais pénètre plus 'profondément jusqu'au sein de l'essence métaphysique de l'être. Ainsi la fmalilé consciente qui se déploie dans la pensée et Ja volonlé n'est plus le reflet passif de la finalité qui préside au mécanisme des molécules de la matière; mais, comme cette dernière,' elle manifeste directement la nature téléologique de la substance métaphysique elle-même (de l'esprit inconscient). Ce qui est là extériorité sans vie, qui ne révèle sa signification spirituelle qu'à un esprit pensant, est ici intuition immédiate de la nature intime de l'esprit par l'esprit lui-même. . Si l'on n'entend pas le parallélisme des deux problèmes, tous deux demeurent insolubles. En d'autres termes, le caractère téléologique des mécanismes extérieurs et de leur foiination, aussi bien que la finalité consciente de l'esprit humain envisagés indépendamment l'un de l'autre, demeurent deux questions transcendantes, qu'il est vain d'espérer résoudre. Mais, au contraire, du moment où l'oo ne voit plus dans les phénomènes internes et externes que la double manifestation d'un seul et même être, et ou l'on saisit l'unité du problème téléologique sous les deux forme» de la réalité phénoménale, le principe unique du caractère téléologique, que présentent aussi bien le mécanisme externe de la matière que l'activité consciente de l'esprit, ne peut plus être cherché que dans h constitution partout identique de la substance métaphysique, dont les deux espèces de phénomènes ne sont que les accidents. C'est la iinalité, diœctement perçue par nous, de notre activité spirituelle qui seule nous permet d'entendre la nal\ire discutée de la substance métaphysique ; qui nous décou\Te eo

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elle une logique inconsciente, laquelle comme contenu d'une volonté ou d'une force se traduit par une activité téléologique. Voilà pourquoi il importe d'entendre que la nature intime du processus, qui se déroule entre l'excitation et la réaction, est essentiellement spirituelle; et que la perception consciente appartient à tous les centres nerveux même les plus infimes. Ce n'est pas que la conscience puisse servir directement à entendre la finalité de l'aclivité que ces centres déploient (et je ne Tai jamais prétendu) ; mais il importe d'avoir toujours présentes à la pensée les deux faces du phénomène, et de ne jamais perdre la clé qui nous ouvre le plus directement Taccès de la nature téléologique de la substance métaphysique.

Le sens qu'il convientd'altacher à l'identité supérieure que nous affirmoiis de la causalité et de la Mnalité ne saurait être d/weloppé ici avec étendue (1). Je veux seulement faire remarquer que le temps approche à pas de géant ou notre science de la nalure cessera de parler t d'une matière morte ». Déjà même les physiciens proprement dits reconnaissent l'activité interne, spirituelle des atomes (^)» On commence à pressentir que l'explication des lois les plus simples du mécanisme de l'atome, qu'on se bornait jusqu'à présent à admettre comme un fait, doit être demandée à la connaissance de l'essence spirituelle des atomes, et cherchée dans les analogies que cette essence présente avec notre âme propre (3).

( 1 ) Voir mes écrits : Vérité et erreur dans le darwinisme, 7« partie (Du mécanisme et de la téléologie) ; et Le réalisme théorique de J. !L v, Kirch' matm, n° 15, 2:2.

(2) Voir entre autres Zôllner : Sur la fialure des comètes (Leipiig, 187i), p. 320-327.

(3) ZôIIncr dit fp. 325-327) : « Comme on le voit, Thypothèse en question ramènerait tous les changements locaux de la matière, qu'ils se produisent au sein de corps organiques ou de corps inorganisés, à la loi suivante qui a (Hé précédemment formulée dans ses traits essentiels : toute Pactivité des Atres naturels est déterminée par les scnsalions de la peine et du plaisir, et de iHle sorte que les mouvements produits dans une sphère déterminée de phénomènes semblent dcslinés à réaliser une An inconsciente, ^ réduire au minimum la somme des sensations pénibles. ■

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La loi de la conseiTalion de la force, traduite en langage métaphysique, n'exprime que l'intensité immuable de la volonté actuelle, qui produit le monde. Mais cette loi est tout à fait formelle, et nous apprend seulement que, si telle quantité de force mécanique se présente sous une forme nouvelle, comme chaleur, par exemple, elle donnera une même quantité de chaleur. Mais cette force mécanique se changera-t-elle dans le cas donné en chaleur ou en une autre propriété; ou se transformera-t-elle par exemple en force de tension par Téloignement de son centre, ou enfm ne subira-t-elle aucun changement? la loi abstraite de la conservation de la force ne nous en apprend rien. Or c'est justement à résoudre ces questions dans la diversité d«s cas particuliers que le processus total de la vie du monde consiste. Tout ce qui détermine la nature des processus du monde, c'est-à-dire la sphère totale de l'idée logique, est donc indépendant de la loi de la conservation de la force. Ainsi la loi de la conservation de la force n'est que le cadre, que la forme abstraite au sein de laquelle commence à se manifester la nécessité logique qui détermine le caractère spécifique des phénomènes; et les déterminations qualitatives que les choses doivent à la causalité et à la finalité ne peuvent se déployer que dans le cadre ainsi préparé. La loi que la quantité absolue de la force est immuable a besoin d'être complétée par d'autres lois, qui déterminent la nature « spéciale > de la force dans chaque partie de sa totalité invariable. Ces dernières lois seules peuvent et aussi doivent manifester le caractère métaphysique de la substance des atomes : à savoir leui* désir de satisfaire leur volonté spécifique, et leur éloignement instinctif pour la peine (qui résulte des contrariétés de cette volonté). De même que pour le métaphysicien le processus du monde résulte de l'action combinée de la volonté et de l'idée logique et inconsciente, et est déterminé par ces deux principes dans son existence et dans sa nature à chaque moment; ainsi, pour le savant, le processus du monde résulte de la loi qui fixe la quantité invariable de la force

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cosmique, et des lois qui déterminenl dans les cas particuliers les transformations de la force. Le parallèle exact des deux manières d'envisager le processus du monde fournit une nouvelle preuve que la distinction métaphysique de la volonté et de l'idée n'est rien moins qu'arbitraire, mais est fondée dan» l'essence même des choses, et qu'elle est nécessaire pour bien faire entendre au physicien la signification profonde des principes suprêmes de sa science.

On demandera encore si les lois téléologiques,qui expliquent la nature des transformations de la force dans la mécanique des atomes, sudisent à expliquer la finalité des lois qui président à l'activité de la cellule ganglionnaire ; ou si la réunion des atomes et des nK)lécules en un individu organique et psychique d'ordre supérieur suppose l'intervention de lois nouvelles, qui répondraient a la diversité de la fin particulière poursuivie d'une manière inconsciente par la cellule individuelle, et de la somme des fins poursuivies par le.> atomes et les molécules r|ui la constituent. La différence du but inconscient poursuivi par la première correspondrait aux dispositions différentes de la volonté ou du caractère individuel de cette cellule, et par suite à des lois différentes de motivation, puisque les dispositions différentes de la volonté inconsciente en chaque individu font qu'ij ne ressent les impressions du plaisir ou de la peine que sous faction extérieure de causes différentes. — Un exemple imparfait servira à éclairer tout cela. On connaît en chimie la loi qui veut que, si plusieurs matières sont dans un état favorable à leurs réactions mutuelles, il se produise en elles les déplacements moléculaires les plus propres à porter à son maximum la somme algébrique des quantités de chaleur positive et négative qu'elles déploient. C'est en vertu de celle loi que semble se produire l'état de la cellule de la moehe épinière que l'on a empoisonnée par la strychnine ou celui de la cellule cérébrale du maniaque : les processus chimiques y tendent à provoquer une dépense excessive de l'énergie potentielle emmagasinée. Les in-

fluences qui s'opposent, à cette révolution dans la cellule saine et que nous avons nommées les puissances d'arrêt, qui sont la première manifestation de la finalité spécifique de la cellule ganglionnaire, et semblent témoigner de l'existence d'une loi nouvelle d'ordre supérieur, qui limite le jeu des lois de la chimie moléculaire. Mais c'est là un exemple uniquement destiné à éclairer la question, et qui n'a pas la prétention de tout expliquer.

S'il devait être admis que les lois léléologiques qui règlent le mécanisme de la cellule ganglionnaire ne peuvent pas se tirer d'une pure combinaison des lois de la mécanique des atomes, ces derniers ne seraient plus considérés comme les sujets de ces lois d'ordre supérieur. Le même individu, en effet, ne saurait être le principe de lois opposées et qui se limitent réciproquement. Il faudrait faire reposer ces lois nouvelles d'ordre supérieur sur un sujet métaphysique, dont l'action se combinerait avec celle des atomes matériels qui composent la cellule par leur agrégation, pour consti* tuer tout entière l'individualité de la cellule ganglionnaire.

Du point de vue où nous nous sommes placés dans cette recherche, il pourrait paraître prématuré de vouloir résoudre définitivement la question. Mais puisque nous avons vu d(\jà que ce sujet éventuel serait identique au principe organisateur qui travaille au perfectionnement léléologique de la cellule ganglionnaire comme élément essentiel du perfectionnement du type général de l'organisme; puisque ce principe organisateur, en tant que principe métaphysique delà loi générale qui préside au développement organique, doit être considéré comme un élément ajouté aux atomes matériels, nous pourrons, à ce point de vue nouveau, résoudre l'alternative précédemment posée par nous en faveur de l'intervention d'un agent' métaphysique. C'est lui qui combine la multitude des fonctions, par lesquelles s'exprime l'activité externe et interne des atomes, dans l'unité de la finalité extérieure de l'organisme comme de l'âme intérieure; et fait ainsi de la cellule un individu organique et spirilveli dont l'unité est à la fois externe et interne.

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