CARACTËRE TÉLÉOLOGIQUE DE LA FONCTION RÉFLEXE
Celui qui nie le cai*actère téléologique de la mécanique moléculaire dans la cellule ganglionnaire (ainsi que faisait l'ancien matérialisme), ou fait profession de l'ignorer comme un problème étranger à la science, et en soi insoluble et transcendant (ce que croit Maudsloy); ou enfin le reconnaît comme un Tait, mais croit pouvoir l'expliquer par une nécessité aveugle et par des causes accidentelles (ainsi que le darwinisme et Wundt avec lui), celui-là sera conséquent en rejetant d'avance tout principe métaphysique qu'on voudrait ajouter aux atomes, et en repoussant tout principe spirituel inconscient, il aura raison de ne voir dans les phénomènes psychiques, conscients et inconscients, dont la cellule ganglionnaire est le siège, que des combinaisons de phénomènes résultant de l'aclivilé psychique des atomes en fonction (1). Celui, au contraire, pour qui la finalité, dans la mécanique matérielle comme dans la conscience, n'est qu'une émanation parallèle de la nature logique et téléologique de la substance métaphysique inconsciente (qui est le sujet commun des deux classes de phénomènes), celui-là (même sans se préoccuper de la nécessité d'un principe d'organisation pour présider au développement organique) n'hésitera pas à pencher pour la seconde hypothèse. 11 préférera croire que les formes supérieures de l'activité téléologique, qui se déploient dans la cellule par opposition aux lois de la mécanique des atomes; que l'unité interne et externe, où s'accuse l'unité supérieure de la cellule, sont dues à l'intervention du principe métaphysique, lequel fait servir les activités isolées des atomes à la fin spéciale que poursuit sans conscience un individu d'ordre supérieur.
Le jeu d'atomes, dont la multitude indiiïérente subit la domination d*une substance unique et universelle, flattera sans doute davantage la passion démocratique, égalitaire, désorganisatrice des races latines, qui ne peuvent se passer
(1) Voir récrit anonyme : L* Inconscient du point de vuf» de la physiologie et de la théorie de la descewlanc?, cli. iv et v. Berlin» 1872.
d'un César, d'un maître unique, absolu et tout-pùissant, lequel gouverne la multitude des individus égaux et les défend seul contre l'anarchie et la décomposition. Mais un organisme cosmique, où les énergie*^ atomiques, c'est-à-dire les individus de premier rang jouent le rôle des éléments les plus simples et les plus grossiers d'une construction, et où chaque individu d'ordre supérieur associe et fait servir à un but réel les activités de ces individus inférieurs qui deviennent ainsi les matériaux destinés à la réalisation des fins d'individus supérieurs, Tidée d'un tel développement organique plaira davantage au génie allemand, qui sait que partout où l'on veut réaliser en commun une œuvre d'art vivante, il faut renoncer à la chimère de l'égalité et se plier volontiers à une fin supérieure.