‹ Philosophie de l'inconscientChapitre 9 sur 122 · INTRODUCTION DU TRADUCTEUR. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION DU TRADUCTEUR. XIII

Nous lui empruntons les rapides indications de cette courte notice.

Au gymnase, Tétude des mathématiques et de la physique captiva de bonne heure le jeune écolier : et c'est avec une admiration reconnaissante que M. de Hartmann rappelle l'enseignement de son professeur Bertram. Les beautés de la littérature touchèrent moins promptement son intelligence. Les auteurs latins eurent peu d'attrait pour lui; et Cicéron en particulier lui paraît très-souvent vide. Les discours de Demosthènele laissèrent indifférent : aujourd'hui encore, il le trouve trop tendu, trop préoccupé de l'effet, nullement classique au vrai sens du mot. C'est dans Thucydide, dans Sophocle que se révéla pour la première fois à son esprit la pure perfection de la littérature grecque : chez le premier, l'art incomparable de ne dire que ce qu'il faut, et d'enchaîner logiquement les idées : chez le second, la simplicité de la forme et la grandeur tragique des caractères. Ilomèretitsurluimoinsd'impression. c La naïveté d'Homère est si grande, et l'écolier moderne l'a tellement dépassée, qu'il ne peut pas en sentir le charme admirable. Ce n'est pa^ l'enfant, dont l'unique pensée est de devenir homme, mais l'homme dont le cœur soupire après la naïveté évanouie de ses premiers ans, qui peut goûter tout le charme et l'innocence répandus sur cette peinture accomplie de l'enfance des peuples. > En résumé, la littérature grecque exerçait déjà sur l'Ame de l'écolier un attrait qui explique la préférence qu'il lui accorda plus tard sur la littérature latine. Pour défendre aujourd'hui les jeunes esprits contre le réalisme utilitaire qui menace de les envahir, c'est, selon M. de Hartmann, à la culture hellénique qu'il faut donner la prépondérance dans l'enseignement classique. Le culte du réel et la sagesse pratique s'y associent dans une mesure parfaite à la religion de l'idéal, aux poursuites désintéressées de la raison (voir l'opuscule récent de M. de

XIV INTUODUCTION DU TUADUCTEUR.

Hartmann sur la Réforme de V enseignement supérieur. Berlin, Duncker, 1875). — L'hisloirc ne parait pas avoir séduit beaucoup le jeune homme : « Je crois, » remarquet-il, « que le sens historique manque et doit manquer absolument à la jeunesse, et ne se développe qu'avec les années. » Il fallut que le panthéisme évolutionnistc de Hegel vint apprendre à M. de Hartmann « que le Logos vit et agit dans les héros historiques et étend par eux son empire, i pour que son intelligence s'ouvrît au goût de l'histoire. — En résumé, à part trois maîtres qu'il cite avec reconnaissance, l'enseignement du gymnase ne parlait ni à la curiosité ni au cœur de l'écolier. « L'école était pour moi, dit-il, un pesant fardeau que j'étais loin, comme mes camarades, de supporter patiemment et sans réflexion. Je me révoltais vivement, au contraire, contre un système d'enseignement qui, sur bien des points, n'était qu'une perte de temps évidente; qui sur d'autres exigeait que l'on se rendit maître de connaissances auxquelles je ne découvrais pas la moindre utilité; ou me demandait des choses surprenantes, comme d'apprendre par cœur chaque mois un chant d'église. »

Si les études scolaires tinrent peu de place dans la vie du Jeune homme au gymnase, la musique et le dessin furent, au contraire, l'objet de sa vive prédilection. Il put recevoir de bonne heure et longtemps, en dehors du gymnase, les leçons de maîtres habiles; et acquit ainsi dans ces deux arts un certain talent, non-seulement d'exécution, mais même d'invention.

Le dégoût du jeune de Hartmann pour jes études classiques ne devait pas peu contribuer à l'éloigner de l'université, lorsqu'il quitta le gymnase en 1858, après de brillants examens. Les mœurs débraillées de la vie d*étudiant répugnaient d'ailleurs à ses habitudes d'homme du monde. La carrière militaire de Tartillerie, que l'exem-

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