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Dans la couche corticale grise des hémisphères cérébraux, les recherches de Fritzsch et d'Hitzig ont démontré rexifctenre de certains centres dinnervation pour des groupes déterminés de muscles (ainsi pour les extenseurs et pour les fléchisseurs de la jambe de devant, pour les muselés du dos, pour les muscles de la jambe de derrière, etc.). Ces centres sont rassemblés dans une portion limitée de la surface antérieure et latérale des hémisphères (W., 108). liCs parties dont il s'agit ont réagi contre de faibles courants galvaniques; et, si l'excitation des autres parties
n'a pas encore réussi à produire son elïel sur le mouvement ou la sensibilité, cela lient peut-i^tre en partie à ce que les excitations employées n'avaient pas l'intensité et la qualité nécessaires, en partie à ce que l'irritabilité de l'écorce cérébrale s'émoussait promptement à la suile de la dénudation du cerveau. L'ablation des centres moteurs mentionnés produit un désordre prolongé des mouvement?* correspondants, qui cesse pourtant avec le temps.
Une autre place des lobes antérieurs du cerveau avait été précédemment reconnue par des observations pathologiques comme le centre de la parole. La perte de la parole ou l'apbasie se divise en ataxie et en amnésie. Dans le premier cas, l'idée est présente à la conscience, mais le malade ne peut trouver le mot correspondant; dans le second, les mots sont confondus eniro eux. Celte différence des deux cas doit peut-être faire supposer l'existence de deux centres différents, qui agiraient ensemble dans l'exercice de la faculté du langage (Wtftidt, 230). Nous manquons encore de bases suffisantes pour déterminer avec précision la répartition des divers centres de la perception et de l'innervation; et les aftirmations des phrénologues sur ce sujet ne reposent sur rien de solide.
Plus que dans toute autre partie du cerveau, nous observons dans les grands hémisphères que les groupes particuliers de cellules gnnglionnaires peuvent fonctionner les uns à la place des autres. Aussi les lésions et les désordres de ces deux centres disparaissent-ils plus facilement et plus complètement que deux des autres centres, pourvu que lescorps strif^s et la base du pédoncule cérébral n'aient pas été endommagés. Des pertes considérables de substance dans les deux hémisphères ou même la perle totale de l'un des deux hémisphères, ont été supportées par des pigeons sans qu'aucune altération durable se fît remarquer dans leur manière d'agir, et n'ont laissé chez .des lapins et des chiens qu'un certain degré de stupidité. On a même observé souvent chez l'homme la destruction totale d^un lobe cérébral sans désordre apparent. Pourtant, des
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lésions étendues, faites des deux côtés, sont toujoui*s accompagnées de troubles moteurs, plus rarement de désor- «1res des sens ou des fonctions psychiques (Wundl, 222).
Ces faits montrent que, bien que récorce cérébrale présente à certaines places des dispositions spécifiques à des fonctions déterminées, ces énergies spécifiques n'ont (]u'une valeur relative et ne sont pas absolument indispensables. Elles n'expriment que reflet de l'habitude d'exécuter certaines opérations qui s'est prolongée pendant des générations; et la nature de ces opérations, à son tour, dépend de l'espèce des communications qui relient le cerveau aux autres organes, et de celle des excitations transmises {Wiindty 2âi).Que ces communications soient modifiées, et par suite que les relations qui en résultent des hémisphères au reste du système nerveux se trouvent changées, on ne tardera pas, à la place de ces dispositions innées ou individuellement acquises, à voir les mêmes parties des hémisphères exécuter d'autres fonctions spécifiques, de telle sorte que le fonctionnement total de l'âme et de l'organisme ne subira aucune interruption.
Cette substitution fonctionnelle des diverses parties les unes aux autres est favorisée tant par 1^ structure uniforme de L'écorce grise dans toute l'étendue des deux hémisphères, que par les communications extraordinairement nombreuses et variées des diverses parties entre elles. Ces communications, si l'on fait abstraction des filels de la couronne rayonnante, qui forment le prolongement des voies de communication ascendantes sont de trois sortes : l*" les filets du corps calleux que forment les commissures entre les parties semblablement placées des deux hémisphères; 2** les faisceaux des filets arqués qui unissent la superlicie corticale des circonvolutions voisines, et 3° les faisceaux de filets conducteurs, qui établissent la communication entre b s parties plus éloignées de chaque hémisphère {Wundty 457.)
C'est uniquement à la multiplicité et à la perfection de c(*s commissures qu'esi due la communication bi facile
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qui relie entre elles toutes les celluUes ganglionnaires des deux hémisphères; qui rend leurs perceptions plus vives, et permet que, par le travail de la communication et de la comparaison, elles se fondent en une seule conscience. Tel n'est fias le cas, par exemple, pour les perceptions du cervelet et celles des hémisphères. Puisque la conscience, qui philosophe et écrit des livres est, chez moi, la conscience des hémisphères cérébraux, on comprend aisément qu'elle ne peut rien savoir directement de ce qui se passe dans la conscience du cervelet. C'est parce qu'il méconnaît l'impossibilité de lire directement avec la conscience philosophique dans la conscience du cervelet, que Wundt et d'autres se croient le droit de nier absolument la présence d'une conscience dans le cervelet et les centres sensoriels {Wundt, liS'l 15), Sans doute, il existe des communications entré tous les centres nerveux et les grands hémisphères, et ces derniers ne gouvernent pas seulement les parties périphériques du corps, mais encore tous les centres inforieurs. M-ais d^s raisons téléologiques commandent que ces communications soient rendues difficiles. La répartition du travail entre des centres indépendants serait autrement rendue inutile et^tous les avantages en seraient perdus : or c'est elle qui permet aux hémisphères de s'affranchir du travail commun et de concentrer toute leur énergie sur les intérêts de la vie intellectuelle. Les voies de communication servent donc soit à transmettre les ordres du cerveau aux centres qui doivent les exécuten comme ses serviteui-s, soil à communiquer à ce môme cerveau les matériaux des sensations déj;\ combinés dans une synthèse préparaloir e, par exemple, celle des tubercules quadrijumeaux ; ou bien seulement à télégraphier aux hémisphères les impressions énergiques et fortes. Danstous lescas, les hémis|)hères n'ont conscience des excitations que leurtransmettentlesau très centres ou de cellesqirils reçoivent Hireciemenl des organes des sens que comme de leurs excitations propres; car, ce qu'ils perçoivent, c'est la modification survenue dans leur état propre à la suite de l'excitation. H n'y a pas ici d'action réciproque.
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au sens ou nous la trouvons entre les cellules ganglionnaires des hémisphères, let dans la combinaison qui fait sortir de la comparaison de deux perceptions dans deux cellules le phénomène d'une conscience unique ou se manifeste un degré supérieur de Tindividualité. Chez les animaux inférieurs (comme les cyclostomes, par exemple, la rayxine et le pelromyzon), on aucune .des cinq parties du cerveau n'a encore acquis la suprématie sur les autres, où toutes cinq règlent leurs fonctions isolément, bien que non sans une certaine liaison organique, dans l'ordre où leur position respective décide des communications entre elles, on ne peut pas plus parler d'une conscience unique comme représentant de l'unité organique de l'individu, qu'il n'en est question dans un ver rubané, dans une tige de corail ou âans un chêne , et, même dans ces exemples, les liens des diverses consciences entre elles 4leviennent de plus en plus lAches. La myxine n'a pas une, mais cinq consciences cérébrales, qui ne représentent entièrement l'activité psychique de l'animal, qu'autant qu'on les réunit aux consciences multiples de la moelle épinière et à toutes les autres consciences des cellules ganjarlionnaires. L'homme est tout à fait dans le même cas; mais l'une de ces cinq consciences, celle de ses grands hémisphères, s'est tellement développée plus que toutes les autres, et s'est acquis une telle prédominance sur ces dernières, qu'elle résume en elle-même, au point de vue de la qualité comme de la quantiié, la plus grande partie de la vie psychique de l'individu humain, et que même, par la domination qu'elle exerce sur les muscles du mouvement, elle est devenue le reflet psychique de l'unité organique qui constitue l'individualité humaine. Wundt méconnaît entièrement ces rapports, lorsqu'il soutient à tort que la conscience d'un système nerveux, dont les parties correspondent entre elles, doit toujours être une conscience unique, et lorsqu'il nie qu'à l'intérieur d'un système nerveux diverses espèces de consciences coordonnées ou subordonnées puissent se rencontrer (714 et 715).
aSi PBTSIOLOGIE DES CLMRES 5ERVEIX.
Nous avons fait obsenrer déjà que le cerveau anlérieur n'est à Forigine que le ganglion olfactif. Encore aujourd*hui, chez Tembryon humain, le développement primitif «Je Forgane olfactif part de la vésicule la plus antérieure du cerveau. Chez les poissons cartilagineux, Torgane est puissamment développé; le cerveau antérieur envoie deux « lobes olfactifs > en avant comme ses prolongements, et, diez beaucoup de vertébrés supérieurs, ces lobes se rejoignent pour former les deux circonvolutions olfactives. Chez l'hommp, où non-seulement les hémisphères comme oi*gane deraclivilé intellectuelle ont atteint une grosseur supérieui-e à celle de tous les autres oi^anes cérébraux, mais où le sens olfactif est en soi moins développé que les autres sens, le centre olfactif estaussi d'une grosseur médiocre, et se trouve presque dissimulé à la base de la tète du corps strié. Le fait que les rubans des nerfs olfactifs, aussi bien que les faisceaux des filets moteurs de la base du pédoncule cérébral convei^ent en ce point, autorise à conclure que de cette place sont produits les réOexes qui dépendent des impressions olfactives (Wundt^ iOi).
Le reste de la masse des corps striés avec le noyau- lenticulaire peuvent être considérés comme des intermédiaires qui conduisent les impressions de la volonté des lobes des hémisphères aux muscles (irMwr//, 203). C'est ce que confirment aussi bien les vivisections que les données pathologiques sur rhomme, ainsi que la correspondance qui se remarque dans la série animale entre le développement des hémisphères et celui des corps striés. Les troubles moteurs de nature paralytique qui suivent les attaques d'apoplexie résultent très-fréquemment d'arrêts apoplectiques de fonction dans les corps striés. Et, chez l'homme, la maladie des corps striés et des parties motrices des hémisphères a un résultat à peu près semblable : on remarque seulement que les dernières se guérissent plus facilement. Les corps striés sont donc (ouUe qu'ils servent de centre olfactif), lef^ centres de coordination des mouvements voulus par les hémisphères, lis exécutent des mouvements combinés en
vertu d'une impulsion unique de la volonté. Le mode de la combinaison peut être ou inné ou acquis par l'habitude ; mais les mouvements sont toujours ressentis comme volontaires, puisque les hémisphères ont conscience de Timpulsion nerveuse qu'ils communiquent, et ignorent seulement quelles fonctions intermédiaires servent à l'exécution de l'ordre qu'ils ont donné.