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ORGANISME ET AME

fausse conception métaphysique, ne saurait plus maintenant avoir le moindre fondement physiologique.

L'ancienne philosophie ne se faisait la question que parce que, premièrement, elle consiilérait Târae comme un individu métaphysique (monade) qui existe en soi et pour soi, et indépendamment de Torganisme qui lui correspond; et parce qu'en second lieu, elle lasouraettiit à des déterminations objectives dans l'espace, c'est-à-dire la fixait en un point et dans un lieu. Pour nous, aujourd'hui, l'âme est bien encore sans doute une substance psychique existant en soi et pour soi; mais, comme telle, elle n'est pas individuelle (pas une monade) On peut la considérer encore comme un individu psychique; mais, en ce sens, elle n'est pas séparable du corps, auquel elle doit son individualisation. On peut bien lui attribuer des relations objectives dans l'espace, mais seulement dans et par rorp.nnisme, dans l'unité organique, qui fait d'elle un individu. Séparée du corps, elle n'occupe pas de place dans l'espace objectif et réel : elle peut seulement, dans les représi'ntations idéales de la pensée, concevoir un espace subjeclil sur le modèle du premier. L'âme, séparée du corps, n'est pas un inflividu, n'a aucun rapport avec l'espace, et Ton ne saurait parler du lieu ou du siège qu'elle occupe. L'âme conçue comme individu organique et psychique a juste la longueur, l'épaisseur et la largeur du corps de l'organisme vivant lui-même, et ne peut avoir d'autre place déterminée en lui.

La physiologie et la psychologie physiologique nous apprennent que nous devons admettre la perception et la volonté (et comme intermédiaire entre elle.s la finalité inconsciente de la substance métaphysit|ue) partout où un réflexe se produit. Or les réflexes ne se produisent pas seulement dans toute cellule ganglionnaire, mais même dans le cylindre-axe de tout filet nerveux excité. Nous avons vu, au ir chapitre, que, même dans Tintérieur du filet conducteur, l'excitation se heurte C(mtre des résistances qui l'annulent entièrement ou en partie, et rencontre une force

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de tension emmagasinée qui devient libre (volonté du psychologue) par l'effet de cette absorption (en langage psychologique de cette perception) de l'excitation. Le même * phénomène se reproduit dans le contenu protoplasmatique de chaque cellule vivante (voir plus bas IV, 2 de la 3* partie). Puisque rx)rganisme, comme tel, ne s'étend pas plus loin que la vie de ses parties, et que cette vie consiste en réflexes, d'où l'élément psychique intérieur n'est jamais absent, l'action de l'âme individuelle ne s'étend donc pas plus loin que celle de l'organisme au sens étroit. Toutes deux expirent là où l'organisme vivant est limité par les excrétions mortes de ses processus vitaux antérieurs.

Par conséquent, en tant que l'âme est conçue comme une et individuelle, ses déterminations objectives dans l'espace coïncident avec celles de l'organisme. Cela n'empêche pas de reconnaître la répartition intérieure et l'importance inégale des membres de l'organisme, au point de vue aussi bien psychique que matériel. Les fonctions psychiques s'associent à toutes les fonctions de la vie organique des cellules dans le corps ; mais, dans l'économie de l'individualité psychique, les fonctions psychiques des divei'ses espèces de cellules ont un rôle au moins aussi différent que leurs fonctions organiques dans l'économie de l'individualité organique. On pourrait même dire que la diversité est plus grande du côté psychique.

Nous avons vu par quelle progression insensible les fonctions psychiques s'élèvent de la fibre musculaire à la fibre nerveuse ; de celle-ci à la cellule ganglionnaire de la vie végétative; de celle-ci, enfin, aux cellules de la moelle épinière, de la moelle allongée, des centres sensoriaux et des grands hémisphères. La progression insensible des fonctions, qui se manifeste d'une façon incontestable dans le développement correspondant de la série animale, ne permet pas de douter que le même principe agit à tous les degrés de la série, et que c'est une grossière erreur de ne placer l'âme qu^au terme extrême de cette série progrès-

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