‹ Philosophie. De la connaissance de DieuChapitre 3 sur 28 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

d6 nos humbles commencemeûts. MaiSj puisque Ton a daigaé parler de nous, nous saisissons cette occasion, la première qui se présente, de dire un mot très-court sur Tesprit dont cherche à se pénétrer l'Oratoire de l'Imma- Dulée Conception.

L'étude dans la prière, a la profondeur de la vérité cherchée dans la retraite, » comme le disait Bossuet, les sciences diverses ramenées àNotre^Seigneur Jésus^Christ» et surtout un ardent effort sacerdotal pour le salut des hommes et Tavanoement du règne de Dieu , telle est ridée que nous semble exprimer le beau nom d^ Oratoire. Saint Philippe de Néri et Baronius pris ensemble, les Pères de Bérulle et de Condren, Thomassin et Malehranche*, et nos vénérables frères d'Angleterre, MM. Newman, Faber^ et les autres, sont les modèles d'amour, de générosité, de prière^ de science divine et humaine, de sèle sacerdotal que nous voudrions pouvoir suivre de loin.

^ U est bien manifeste que noua n'entendons nullement adopter les erreurs de Malebrancbe, si fortement relevées par Bossuet et par Féneloo, et notées d'ailleurs par le Saint-Siège. Nous avons dûj dans le présent ouvrage^ combattre noua-mème une partie de ces erreurs; mais nous n'en croyons pas moins, avec le cardinal Gerdil, avec les Barnabites de Rome et leur savant Père Yercellone^ avec TUniversité de Louvain, et tant d'autres, que Malebrancbe a versé des flots de lumière, de lumière vivifiante, sur la question philosophique fondamenlale, et qu'il fout dire de lui, avec M. de Miistre : ti La France n'est paji assez fière de aon Ma- « lebranchst »

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Mais, en lui^mémdi qu'est-ce que TOratoire de Tlm* maculée Conception? Est-ce l'Oratoire de Saint-Philippe de Néri? Non, parce que la règle de Saint--Philippe de Néri ne saurait s'appliquer, comme on nous l'a montré à Rome, à l'un des buts spéciaux et essentiels pour lesquels le Souverain Pontife nous a bénis, lorsque nous avons été lui soumettre et notre plan, et la première esquisse de nos statuts fondamentaux* D'un autre côté, sommes^ nous précisément l'ancien Oratoire de France ? Distin^ guons. Oui, nous avons sa règle et sa forme, à peu de chose près> c'est-à-dire en changeant ce que changerait certainement aujourd'hui une assemblée générale de l'ancien Oratoire. Mais comme, d'un autre côté, nous sommes très-éloignés de vouloir continuer en rien la double aberration qui a donné à l'ancien Oratoire de France sa mauvaise couleur ; comme nous croyons tout au contraire que ces tendances ont été ou sont encore le fléau de la ReUgion, nous avons pris, dans nos statuts fondamentaux» des mesures décisives en ce sens, et nous les avôiis déposées aux pieds du Souverain Pontife. En quoi nous croyons fermement n'avoir rien fait que n'eus* sent fait avec nous, et que n'approuvent au ciel, tous les Pères et tous les grands hommes des Oratoires de Rome et de France.

Pour ces raisons aussi, nous avons modifié le nom d'Oratoire autrement que ne le modifiaient saint Philippe de Néri ou le cardinal de Bérulle, et, avec l'approbation du Souverain Pontife, au lieu d'Oratoire de Jésus

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ou d'Oratoire de Marie» nous avons pris un troisième nom qui implique à nos yeux les deux autres : l'Oratoire de rimmaculée Conception. Nous croyons posséder dans ce nom une lumière et une force, et peutrêtro essaierons-nous bientôt d'expliquer quelle est cette force et cette lumière.

D'après cela, est-il nécessaire d'ajouter que le malheureux antagonisme théologique qui a scandalisé tout un siècle, qui souvent opposait l'Oratoire de Jésus, du moins dans plusieurs de ses membres, à la Société de Jésus, ne saurait aujourd'hui renaître? Le fondement doctrinal de cette lutte n'existe plus. L'Oratoire aujourd'hui croit, avec les Jésuites *, avec l'Eglise entière, que

^ L'aimable et clairvoyant Joubert, rhomme, peut-être, le plus libre de préjugés qui ait écrit en notre siècle, disait à ce sujet : a Les Jansénistes insistent sur ce qui est incertain, obscur, afQi- « géant, et glissent sur le reste : ils éclipsent les vérités lumineua ses et consolantes par l'interposition des vérités opaques et a terribles... La théologie, quand ils nous l'exposent, n'a que la « moitié de son disque, et leur morale ne regarde Dieu que d'un tt œil... Ils semblent aimer Dieu sans amour, et seulement par a raison, par devoir, par justice. Les Jésuites, au contraire^ sema blent l'aimer par pure inclination, par admiration, par recon* « naissance, par tendresse, enfin par plaisir. Il y a de la joie dans a leurs livres de piété, parce que la nature et la religion y sont « d'accord. Il y a, dans ceux des Jansénistes, de la tristesse, et « une religieuse contrainte, parce que la nature y est perpétuelle- « mise aux fers par la religion. Les Jansénistes disent qu'il faut « aimer Dieu, et les Jésuites le font aimer. Les Jansénistes aiment

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si l'on veut rompre décidément avec ce sombre esprit de religion farouche qui a tant effrayé les âmes ; qui tient de Calvin; qui maudit la nature, qui maudit la raison, qui nie la liberté ; qui mép]:Lse Fart, la science, Teffort humain ; qui ramène la fatalité ; qui rend le salut impossible ; qui cherche partout la terreur : qui enfin oublie TEvangile et le cœur sacré de Jésus, et ses bras toujours étendus pour y appeler tous les hommes : si Ton veut rompre avec ce fanatisme dangereux que trop d^esprits confondent encore avec le Christianisme, il faut extirper entièrement les dernières fibres du Jansénisme; il en faut signaler jusqu'aux moindres nuances dans notre xvu< siècle, dans nos plus grands auteurs, et les Oratoriens doivent savoir les trouver, et les effacer au besoin, même dans leur plus classique écrivain, et dans son plus sublime sermon. Voilà ce que nous croyons tous. Il n'y a donc plus de querelle. Il n'y a plus entre TOratoire, si rOraloire est quelque chose, et la grande et sainte Société des Jésuites, qu'un fraternel embrassement.

L'autre point au sujet duquel beaucoup d'Oratoriens se sont trompés, nous semble être aujourd'hui, parmi les CathoUques, une question finie. Qui peut supporter aujourd'hui ce qu'écrivait le cardinal de Beausset sur

« mieux la règle que le bien; les Jésuites préfèrent le bien à la « règle... Les Jansénistes ont trop d'horreur de la nature, qui est « cependant l'œuvre de Dieu K »

' JouberL PêMétt et Maximtt^ loine I, l Ue m.

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