X PRÉFACE
rAflsemblée de 1682? Qui ne lui dirait avec M. de Maîstre : « Cest ici, Monseigneur, que nous nous séparons ! » Tous nous voulons Fintime unité intérieure de l'Elise» libre enfin de toute division nationale. Tous nous youlons au dehors la liberté de TEglise à Tégard des pouvoirs temporels; car tous, nous avons sous les yeux le vertige et la honte des pauvres États aveuglés qui oppriment les consciences. Nous demandons à notre tour que Ton n'oublie jamais la parole du Sauveur : « Rendez à a Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César. 9 Et nous disons avec saint Anselme : ce Dieu n'aime rien « tant en ce monde, que la liberté de son EgUse ^ »
Revenons au modeste point de départ qui a provoqué cette digression. Il s'agit de la seconde édition du livre De la Connaissance de Dieu.
Ce que nous en dirons d'abord, c'est que ce livr^ exprime les opinions philosophiques de son auteur, mais non pas ce^ que Ton pourrait appeler la philosophie de l'Oratoire. L'Oratoire n'a ni théologie ni philosophie particulière. L'Oratoire veut se bien garder de former école, si ce n'est, peut-ôtre, école de paix, par la charité intellectuelle, par la fuite des extrêmes, par la conciliation de toutes les opinions soutenables, dans le milieu du vrai. Aussi, en dehors de la foi et des opinions qui contrislent l'Eglise, nous sommes libres. Quand Bossuet
< Nihii magis diligit Deus in lioc mundo quam libertatem Ecclesiae suaB. Epist. ix, lib. iv.
DE LA SECONDE ÉDITION. xi
parle de la a sainte liberté i» de FOratoire , il dit une grande parole à laquelle nous tenons. Or> où s'appliquera la liberté, si ce n'est en philosophie ? Les maîtres terres* très sur la parole desquels jurent les disciples, ont fait leur temps. Qu'il nous soit done permis de pratiquer la parole du Sauveur : « N'appelez personne sur la terre » votre maître* Vous n'avez tous qu'un maître, qui est le )» Christ. » Nous ne ferons donc pas vœu de penser plusieurs par un seul ; mais aimons-nous les uns les autres, et nos esprits sauront s'unir, et formeront faisceau dans l'unité du vrai.
Deui critiques très^fondées nous ont été adressées sur notre livre De la Connaissance de Dieu. On nous a reproché, avec raison, de n'avoir pas consacré un chapitre à saint Anselme. Nous avons promis de remplir cette lacune. Nous avions mis la main à l'œuvre et presque achevé notre travail , lorsque la maladie et la douleur nous ont 6té les forces. Cependant l'édition s'achevait ; il fallut passer outre.
Une autre critique nous demande compte, avec raison, de notre concision au sujet de ce que nous appelons le Procédé infinitésimal. Nous avons affirmé que la raison, outre le syllogisme, a on second procédé tout aussi rigoureux, très-vulgaire en pratique, très-peu connu en théorie, et dont le calcul infinitésimal a précisé les règles, « en les mettant en usage effectivement, » ainsi que s'exprimait Leibnitz ^ Cette assertion si capitale et si
' Afouv. Essais, liv. IV, chap. m, § 19,