XII PRÉFACE
nouvelle en apparence, nous ne la démontrons pas assez « nous dit- on. Sans doute nous pourrions répondre que nos deux volumes De la Connaissance de Dieu ont en grande partie pour but de l'étabUr. Mais nous devons avouer cependant que sur le point délicat, sur la question de ridentité précise du procédé qui démontre Dieu et du procédé géométrique infinitésimal, nous avons été trop concis. C'était à dessein. Nous nous réservions de mettre ce point dans tout sou jour, en son vrai lieu, c'est-à-dire en Logique. Notre Traité de Logique, presque entièrement imprimé aujourd'hui, doit paraître sous peu de semaines. Là nous exposons notre idée en détail, et, à ce sujet, nous nous permettrons d'adresser une prière aux hommes compétents. Nous leur demanderons, après avoir lu, de vouloir bien juger, et de se prononcer pour ou contre : ce qui n'est nullement un défi porté à la contradiction, mais au contraire un sincère désir d'être éclairé, d'élre redressé ou soutenu dans une pensée, qui a pour nous bien peu de valeur, tant qu'elle n'est pas pleinement partagée. Jusqu'à présent des juges fort éclairés sont en suspens : aucun ne nous a contesté directement notre assertion. Quelques-uns la regardent comme vraie.
Or ne serait-il pas d'un fort grand intérêt philosophique d'arriver à la certitude sur cejpoint? Notre description de ce procédé de l'âme qui s'élance sans intermédiaire, mais appuyée sur Dieu, à une affirmation plus grande que le point de départ ostensible de la pensée.
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est-elle une ilIusioD, ou bien une vérité? Est*ce une vue daire et vraie d'un fait profond de Tâme que, dans la vie si complexe de l'esprit, la spéculation n'avait pas encore nettement aperçu? Nous donnons, dans notre Logique, autant qu'il est en nous, tous les moyens de juger la question. Nous nous sommes efforcé, d'ailleurs, d'arriver à la plus grande clarté. Cette Logique est aussi peu abstraite et au moins aussi accessible aux gens du monde que le présent ouvrage, qui, nous ditron, est lisible pour presque tous. Nous croyons être parvenu à mettre l'idée du calcul infinitésimal à la portée de tout lecteur instruit, quelle que soit la faiblesse ou l'absence de ses antécédents mathématiques. Quelques heures d'attention réfléchie suffiront, je l'espère, pour nous comprendre.
Et maintenant, quand nous aurons comgé les dernières feuilles de cette Logique, nous quitterons avec joie la logique, la métaphysique, l'abstraction. Sans doute, nous n'avons pas abusé de l'abstrait ; sans doute nous n'avons pas défendu à notre âme, à notre foi, de descendre dans nos pensées. Mais pourtant, nous avons hâte d'arriver à une autre partie de la philosophie, partie meilleure, plus vivante, et, s'il se peut, plus \ivifiante. Les années, l'expérience, la vie qui passe, la mort qui frappe, les fléaux qui enveloppent le monde, la vue des soufirances des hommes, et tant d'âmes percées de dou-* leur, tout cela nous inquiète, nous sollicite continuellement le cœur au milieu de notre travail philosophique, et semble nous dire, parfois en empruntant la voix de
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PmÉFACE
Dosainis :Qw fais -tii?poarqiioi e&4n prêtre? Eoi^ciiera^Va ta TÎe jusqu'à la fin à parier de méiapliysiqiie à des enfants ou i des lettiés? Poarqooi ces sobtfles recherches, qoi n'intéresBenl pas ceni qoi souffrent, ni sor* toni ceux qm meurent? Puorquoi ce langage, encore trop savant et particoKer, qui ne va pas i tous les honnnes et ne console pas tous les ooeursT Hâas ! répondrai-je humblement, j'ai youIu iiaire quelques effi>rts pour éloigner de Fabstraction mortdle et de la spéculation perverse les plus nobles d'entre les jeunes h<Mnmes, que séduit le fimttaie de la science, que ce hmKtene ég^n loin de la charité, de la vertu, de la ndigion. CesX un obstacle à la vie et à la grâce de Dieu que j'ai voulu travailler à détruire. Peut-être cet essai de logique vi* vante, peut-être ce dernier livre, intitulé les Sources, pourra-i-il éclairer quelques âmes, qui sauront concevoir à la fois la lumière et le feu. Mais, après cet effort, qu'il me soit permis de laisser le côté abstrait de la science, et de dire avec Malebranche : c Je ne veux plus m'occu- « per que de morale etde religion. » Je ne veux plus méditer que Pâme et son avenir, l'humanité et sa destinée sur la terre et au cieL Dans ce déshr, j'aborderai le livre De la Cmnaismnce de rame : travail que m'impose, je le crois^ la volonté de Dieu. J'essaierai donc de bien con^ naître Tâme en foce de Dieu, et de méditer en effet sa vie , sa mort , son immortalité. Si quelque chose de beau, de vrai, de consolant, par la bonté de Dieu, se montre à moi, je l'écrirai plus simplement et plus cor-
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dialement. Ah! que ne puis-je récrire avec des larmes, avec du feu, avec des harmonies ou avec des parfums, afin d^atteindre toutes les âmes, et d'éclairer doucement les humbles cœurs qui ne savent pas penser, et de transformer dans les larmes les grands esprits qui ne savent que penser !