DE LA PREMIERE EDITION
Nous avons soumis, suivant noire devoir, ce traité de LA Connaissance de Dieu à l*examen de Mgr PArcbevéque de Paris, qui en a permis l'impression.
Ces volumes ont été aussi envoyés à Rome^ et ont été examinés par unConsulteurde Tlndex. Le savant exami* Dateur a déclaré n^ rien trouver» sous le rapport théologique» qui parût digne de censure.
Nous avons en outre reçuy depuis Timpression de cet ouvrage, un grand encouragement par la publication des actes du Concile d'Amiens, confirmés par l'approbation du Saint-Siège. Il se trouve que nous avions précisément chei*ché à exposer les doctrines que le Concile a sanctionnées.
Nous croyons, avec le Concile d'Amiens, que la philosophie abstraite, artificiellement séparée de tout rapport à la Théologie et aux données surnaturelles de la I. b
X%ui AVANT-PROPOS
révélatioD, ne peut utilement s'enseigner aujourd'hui * . Selon nous , vouloir abstraire la philosophie de toute théologie, est une tentative aussi fEiusse que de Youloir la séparer des sciences mathématiques et naturelles, et de prétendre à la métaphysique sans s'inquiéter du monde visible et des mystères de la géométrie. Youloir isoler la raison de la lumière surnaturelle, est un travers semblable à celui des idéalistes, qui la veulent isoler de la lumière physique des sens.
Nous croyons que, par le secours de la lumière d'en haut, il eiiste une philosophie chrétienne très-supérieure à la philosophie naturelle des anciens, et au travail stérile des penseurs séparés, qui s'agitent en dehors du Christianisme ou contre lui. Nous croyons et nous cherchons à démontrer queles princes de la Théologie catholique, saint Augustin et saint Thomas d'Aquin, sont les plus grands des philosophes, dans le sens propre et précis du mot. Nous les mettons, comme philosophes, au-dessus de Platon et d' Aristote, que nous plaçons eux-mêmes trèsbautV
1 Qoi ergo prodamant lectiones philosophicas cathoticaniin scholanuD ita institiieiidas, ut a lumiiie supematorali pnesciodaiitur, ilti ant somniarent abstiactionem qoae mera fictio est, aut... (cap. XVI)-
2 Clarissimi Patres et Theologi, et eminentes quidam philosophi chrîstiaDi, dum omnium veritatam compleiionem intuentes mutttam earum irradiât! onem speculabantnr^ conceptos attigerant^ ut nemo nescit> sublimiores^ quibus philosophicas etiam qusstio* nés Tividioris lucis radius penelravit (cap. xyi).
DE L\ PREMIÈRE ÉDITION. xix
Nous croyons, d'un autre côté, comme Tâffîrme le Concile d'Amiens, que lorsqu'on traite de la valeur de la raison, il y a deux excès à éviter : Vun qui proclame Timpuissance absolue de la raison, et Tautre qui regarde toute vérité, même religieuse, comme une émanation de la raison humaine i.
Nous le croyons, comme le Concile, c'est une erreur, contraire à la doctrine constante des Écoles catholiques, que d'attaquer la raison naturelle comme impuissante, el de contester la valeur des solides aiigumeuts qui démontrent l'existence de Dieu, et les autres grandes vérités appelées par la Théologie préambules de la foi. Le Concile, d'accord avec la tradition des grands siècles chrétiens, déclare ces vérités saisissables et démontrables par la lumière naturelle de la raison*.
^ Notandom est, in quaBstionîbus de ratîoois human» conditione, doo esse extreiiia> doctrin» catholio» prorsus contraria : unum scilicet quD, in statu naturœ laps», rationis vires penitus exstînctas fuisse affirmatur, alterum quo omnes religionis veritates hominibus illucentes rationis humanae emanatio esse dicuntur (cap. xvi).
^ Dam rationalismum impugnant, caveant etiam ne rationis humao» infirmitatem quasi ad impotentiam reducant. Hominem/ rationis exercitio fruentem, hujus facultatis applieaUone posse percipere aut etiam demonstrare plures veritates metaphysicas et morales, inter quas existentia Dei, anim» spiritHalitas, libertas et immortalitas, atque boni et mali essentialis distinctio, etc., etc., annumerantur, constanti schoiarum catholicarum doctrina cornpertum est. Faisum est rationem soivendis istis qaa^stionibus esse omaino irapotentem, argumenta quae proponil niliil certi^xhibere,
KotBlecTOTOi^ enGore, c'eât rendre un trè&4iiainrais Bernet à la refi^on que de pooeser an sDeptiasme pluknoplâque, «vecLDtlier, Cahin, ksJansÉnî^^ Bais; e^ Beko Doofi, les iésoiles ont Iden mérîjb^ d de b^toàèùd ea&m, en combattaDt oetle fcmeëte tendanee, dans Uns ks temps» depuis Latber jnsgfri'a nos
Lha de déooongsr la irâcm^ nms frat aii}o<H^^^ lut rendre le cmmige, et, oonmieradîtondespiiis no- Mei c^ftede ee ten^S ^eft 1 iiolBinamtHiaDt, à DCMis dgétieng^ de rdewcr la raison humaine fiMilée am pieds
1 «^ifidem Tikins ëestnd. Faksina est ho-
iBataialîtar adsiîttere dm passe, qnîn prios
liddsDpenitiiiifisicveiatîooidhiiHecreâit: aec esse
fidâ pmmlwii^ fas aatonliter cognasoniitor, et non
s it ratkHttbflis. fliserrosed 81 fM, fiA tradîikma iïtfm rm m UMDue an! qaovis 9llm, m h» etceanu prabberentar, a reda veritatis wi procal dflWaabeRareat (c^ xfi, S m).
^IL le contfe de ManCalenibeit s'e^rime ainsi à la in da ui» ch^itie /l«f iilérâ^ cnOoti^v» j « Mais de œ qpe la r^^ «éf^aféepardetessa^esy ert confondue et Inniiîliée; de œqœ «laJOierté^tnliiectseoiBéepar de £nix libteiix, semble tem- « paiainaieot flippriméc^ en luit-il cMcInre qoe ks catholîqQes «d4Mfent lenicrla laisoa et sopprim» la libeité? Tentancon- « tfaire ! J'ose dire que d'est le moment de les recnôUir arec res- « pt€t/jâe lenr nNmirfasOe inviolable où l'une et raatiepenrent « se fébi0er, se ponfier, se refaire, panser et gnérir leurs plaies ( raile de kl foi catboliqne. p
DE LA PREMIÈRE ÉDITION. xxi
par les sophistes. Nous devons lui apprendre à aller jus^ qu'au boutd'elle-mémey et à monter ensuite plus haut.
C'est à quoi nous voudrions pouvoir contribuer par cet ouvrage.
D'une part nous nous efforçons de montrer toute la portée de la raison humaine, et, comme s'exprime saint Thomas d'Âquin, la force trop peu connue du raisonnement^ même dans lapins grande des questions, celle de la connaissance de Dieu. Nous essayons de mettre en évidence la vérité de cette assertion de Descartes et de Leibniz, répétée par le cardinal Gerdil, que la démonstration de l'existence de Dieu, et de ses perfections infinies, a la rigueur de toute démonstration géométrique. Nous atteignons ce but en prouvant que la démonstration del'exisT tence de Dieu est le plus haut emploi d' un procédé général de la raison, dont la méthode géométrique infinitésimale est une application particuh^e.
D'une autre part, bien convaincu qu'il ne faut point abstraire la philosophie naturelle de toute donnée surnaturelle, et qu^il est aussi dangereux de séparer dans la pratique, qu'il est indispensable de distinguer en théorie, les deux lumières de la raison et de la foi ; bien convaincu qu'il n'y a point de vraie sagesse sans l'union de ces deux lumières, nous avons essayé de faire connaître leur rapport, leur source commune en Dieu, et leur infinie différence, et leur mutuelle pénétration, et la voie par laquelle^ avec le secours de Dieu, l'homme peut passer de l'une à l'autre. Pour cela, nous nous sommes borné à dé-