VI
SOO CE LIED DE riMMORTAUTÉ.
Ainsi nos forces et nos facultés se déroulent, se succèdent , mais ne coexistent jamais. Et toute la Yie de mon esprit est Une analyse discursive, plus qu'une vivante totalité.
En un mot, l'état de mon âme et de sa vie sem<» ble calqué sur l'état du ciel, et sur la vie du sys* tème planétaire auquel mon âme^ avec mon corps, £St attachée.
La terre a des saisons et mon âme a . les sien* pes. Notre vie intérieure, la vie d«s sentiments et des idées est partielle, morcelée, divisée, dispersée, successive, comme les astres du ciel et leurs mou* vements.
Ainsi partout la division , le morcellement , la dispersion. Tout passe, tout coule comme les flots d'une rivière. Rien n'est ensemble, ni les groupes de soleils, ni les soleils dans un même groupe, ni les mondes que dirige un soleil , ni les habitants de chaque monde , ni les groupes d'âmes , ni les âmes rapprochées par l'amour, ni une seule âme« Tout est séparé, ô mon Dieu, tout est séparé de soi» même et de vous. Oh non I mon Dieu, ce n'est pas là l'état dernier de votre création.
^ Mais comment lire, dans le spectacle de ces grands traits de la création ^ ce que nous poursuivons par cette étude, la connaissance de Tâme, de son de*
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voir et de sa destinée, et surtout Tespérance d'un séjour de la vie stable et rassemblée ! Certes, tout ce qui vient d'être lu au ciel visible, ou au ciel de rame, jette d'assez pénétrantes clartés sur l'état présent de nos âmes, sur leur souffrance et leur regret et leur attente! Mais où trouverons - nous quelque trace de leur progrès possible, et de leur destinée dernière, et du séjour que nous cherchons ?
Voici peut-être un commencement de réponse.
Et d'abord, le premier et fondamental devoir de la vie, le sacrifice, est écrit partout. Nous l'avons déjà dit : les grands faits de la vie sidérale qui nous sont imposés nous font sentir et nous font presque pratiquer le sacrifice. Voir la nuit, voir la vie décroissante, voir la mort partout, et dans le ciel et sur la terre, n'est-ce pas une première habitude de sacrifice à laquelle aucune âme n'échappe ? Et ne voyon&-nous pas aussi la vie renaître de la mort, comme la lumière naît de la nuit, et n'est-ce point une première leçon sur le sens et la valeur du sacrifice ? Seulement, en ne regardant que cette terre, la leçon reste bien incomplète ; car enfin le sacri-
fice achevé ne rend ici que ce qu'il prend. Le jour décline et se sacrifie à la nuit, et la nuit à son tour s'efface et rend le jour, mais ne rend que ce qu'elle a pris. L'année s'écoule et sacrifie le printemps et l'été : la vie de la lumière, après avoir monté, s'abaisse , s'incline, se sacrifie devant l'hiver. L'hiver sans doute passe à son tour et nous rend la lumière, mais il ne rend encore que ce qu'il prend. Qu'a-t-on gagné ? Qu'y a-t-il de nouveau dans le printemps de chaque année , dans la matinée de chaque jour ? Nos années et nos jours sont uniformes et monotones : tout revient au point de départ ; rien de nouveau sous le soleil ! Où est ici le symbole du progrès? Où est vraiment le sens et le mérite du sacrifice ? Où est la trace du but, la destinée future, le terme de l'espérance, le port où le vaisseau doit aborder ? Que faut-il faire , et où vat-on?
Eh bien , il est bon d'apprendre d'abord que ce ne sont pas les astres qui, par leur mouvement, font le progrès. Dieu seul par sa providence, par ses dons successifs, est l'auteur du progrès. C'est lui qui rend les jours nouveaux et les années nouvelles meilleurs que les années anciennes et que les anciens jours. C'est lui qui a créé successivement des êtres de plus en plus nobles; qui les a
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couronnés par Thomme ; puis qui s'est reposé dans son œuvre, en introduisant dans le monde Thomme- Dieu, et la substance de l'immortalité, et le sacrifice de rhomme-Dieu, suivi du libre sacrifice des âmes, unique voie de passage de la vie dispersée à la vie pleine et immortelle.
Mais nous cherchons ici le lieu de Fimmortalité. Nous cherchons à lire, dans le ciel visible, s'il n'y a pas quelque secret mouvement de toute la flotte céleste qui paraisse marcher vers ce port ; nous cherchons s'il n'y a pas quelques grandes phases de la vie sidérale qui montrent le sens de la marche, et puis comment notre âme peut imiter ce secret mouvement qui mène à la consommation et au lieu de repos.
Mais ce n'est pas à notre terre toute seule qu'il faut comparer l'âme pour trouver une plus claire réponse à ces questions. Notre âme est plus grande que la terre ; elle est l'image de Dieu ; elle est un abrégé de l'iuiivers entier : elle est comme le miroir de Dieu et de son œuvre. C'est à tout l'univers qu'il la faut comparer, ou du moins à un système complet , a un soleil avec tout ce qu'il vivifie , et non pas à un membre unique du système. Essayons cette comparaison.
ÎV.
Sainte Thérèse, Tune des intelligences les plus profondes et les plus clairvoyantes qui aient jamais parlé de la vie intérieure, et qui seule a mieux connu rame que tous les philosophes , nous apprend qu'il faut considérer Tâme « non pas comme « resserrée dans d'étroites bornes, mais comme un t monde intérieur dans lequel le Créateur du ciel « et de la terre daigne habiter ' . Car le ciel n'est « pas son seul séjour ; il en a un aussi dans Tâme, ce que Ton peut nommer un autre ciel '. L^âme est ce comme un palais bâti d'un seul diamant. . . mais « qui renferme plusieurs demeures, plusieurs ence ceintes ; mais au centre est la grande demeure, « le lieu secret où Dieu vivifie Tàme *. Mais combien d'àmes ne sont point en ce centre, et même sont au dehors de leur propre palais, et n comme ft des sentinelles, font la ronde à Tentour, sans se «t mettre en peine de ce qui se passe au dedans , fi sans connaître ce qui sV trouve ni quelles en fi sont les diverses demeures *. »
Le centre de ce palais, c*est Dieu même qui Toc-
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cape. « Dieu est le divin soleil qui est et qui de^ « meure toujours dans le centre de rame , et rirà « n*est capable de ternir Téclât de sa beauté et d'en « obscurcir la lumière. Et si Tàme devient téné«- « breuse par le péché, c*est parce que son péché fait « obstacle au soleil, de même qu'un voile dont on « couvrirait un cristal, opposé au soleil, Tempé- « cherait d^être éclairé •. »
« Quant aux diverses demeures, dit la sainte, il « ne faut pas les regarder comme étant engagées « Tune dans l'autre et en ligne, mais regarder d'a- « bord le centre, qui est la pièce qu'habite le roi ; a représentez-vous qu'elle est enveloppée de tous « côtés par les autres demeures , comme le fruit « savoureux du palmier est enveloppé de ses di- « verses écorces. Mais, comme les choses de l'âme « sont bien au-dessus de tout ce que voient les « sens , nous ne saurions nous représenter ces « demeures dans une trop grande étendue : sur- « tout il faut bien voir qu'il n'y a pas une seule tt des demeures qui ne soit éclairée par le soleil « central '. »
Ne semble-t-il pas que la sainte compare notne âme à un soleil entouré defe diverses demeurés
' « Ibid. Cbap. XT. -..« Ibid.
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qu'il emporte? Le de! entief serait ainsi Timage dix monde des âmes, et chaque soleil, entouré de 6eâ terres, set*ait Timâge d'une âme. L'âme, portant Dieu au sanctuaire, et composée de diverses demeures qui sont auteur du sanctuaire à diverses distances, serait comparable à notre système plar nétaire, terres et soleil, terres qui tournent autoiu* du soleil, et soleil qui les éclaire toutes.
Et pourquoi la philosophie s'étonnerait-ello de ces comparaisons ? Si tout être a en Dieu son idée, son type éternel , idéal , cette idée qui est Dieu nVst-elle pas le principe, le centre de mon âme ? C'est elle qui me crée, qui me porte et me vivi6e ; sans elle , je ne suis pas , je ne vis pas. Elle est mon centre, mon idéal, mon lieu de repos. J'en dois être l'image finie, mais entière, achevée, rassemblée , concentrique. Or , je n'en suis aujourd'hui qu*une image brisée, inachevée, dispersée, excentrique. Je voyage loin de Dieu, dit saint Paul. Je voyage très-loin de mon centre , je tourne autour Je clierche, par ma course inquiète, par mon continuel circuit, je cherche mon idéal, mon unité, et ma totalité. Rien n'est plus manifeste. Et ce qui n'est pas moins certain, c'est que ma vie peut occuper diverses demeures relativement au centre qui m'éclaire, et qui est mon principe et mon tout* Je
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m^approche , ou bien je m^éloigne ; ma course se ralentit ou s'accélère ; mon excentricité augmente ou diminue. Les états de mon âme, selon sa chute ou son progrès , sont comparables aux différents états de la vie sur les demeures diverses qui entourent les soleils.
La chute de Tâme consiste à occuper des demeures plus éloignées du centre, et le progrès consiste à rentrer vers le centre , vers les demeures plus rapprochées. La perfection consisterait sans doute à ne plus circuler, à ne plus être séparé du centre, à vivre d'une vie concentrique avec le principe de la vie, à être uni à notre source, à notre étoile, et à notre idéal. Et c'est précisément ce que dit notre sainte qui nous dirige dans cette visite du ciel de l'âme. Tout son Itinéraire spirituel nous montre râme,d'aboixl tout au dehors d'elle-même ; et puis entrant dans la première demeure, qui est la plus éloigné du centre; puis rentrant, de demeure en demeure, jusqu'en son sanctuaire central, lieu du repos et de la vie pleine, où l'âme est avec Dieu ' .
* Voyez tout le livre du château de Vûme de sainlo Thérèse.
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Mais à quels grands mouvements , à quelles grandes phases de la vie des astres peut corres<* pondre cette marche de Tâme ?
. Elle ne peut correspondre qu'à la genèse des astres I à leur naissance et à leur développement , et puis à leur recueillement, à leur consomma* tion *.
Oserai-je le dire ? Je crois qu'une âme se développe comme une étoile. Mais comment se dévef loppe une étoile ?
La science voit dans le ciel un très-grand nombre de corps célestes qui paraissent être des étoiles en voie de développement. A des millions de lieues, on aperçoit des globes immenses, parfaitement sphériques, une ou plusieurs fois aussi grands que notre système planétaire, mais que leur énorme distance nous montre sous la forme d'un flo-
* Icî nouïi entrons dans ce oMé de rastionomîe qui n^est point »oÏH^\\\ et où k conjecture rè^me encore et non la certitude comme tkns r«iutn^ |mrtie de k scîeoiv. Ao^ nous ne présentons ce qui ^lU i|uo tvauiH^ do ivviques ima^'S, qui pourraient être un jour en\\>rx\ à U ri^iKHir, démenties pjur la science, maîsqoe la science pivlMbWinent c\mfirmefa.
COU de neige sidérale. Ces floooas sont déi gefdies que couve la Yîe \ Mais regardée ^ choisisseB dans le nombre de ces germes stellaires ceux qui ont et la même forme et la même grandeur. Ckimparezles, et Yous direz : a C'est un même être à diffé*rents degrés de formation ^ »
* Plus loin sont ces lueurs que prirent nos aïeux Pour leB gouttes du Uit qui nourrissait les dieux* Ils ne se trompaient pas : oes perles de lumière Qui de la nuit lointaine ont blanchi la carrière Sont des astres futurs, ded germes enflammés, Qtts la main toujours pleine a pourles temps semés, Et que Tesprit de Dieu, sous ses ailes fécondes, ,
De son ombre de feu couve au berceau des mondes.
(Lamartine. Harm. poét.)
^ Un jour nous en avons comparé seise, tous parfaitement sphériques, tous de grandeur précisément égale, mais dans chacun desquels, du premier au dernier, la vie semblait s'être avancée d'un pas. Le premier était comme une tache tout uniforme; le second paraissait prendre un commencement de lueur un peu plus accusée au centre qu'aux extrémités. Le troisième et les autres, concentrant la lueur, en faisaient une lumière centrale toujours plus vive> pendant que le reste de la sphère pâlissait. Le dernier n'était plus qu'une étoile véritable environnée d'une nébulosité imperceptible, comme notre soleil lui-même est enveloppé de sa lumière lodiacale. Ke semble-t-il pas, disions-nous,- que l'astronome peut étudier ici le développement de l'étoile, comme le physiologiste étudie le développement ds l'œuf, en prenant l'œuf à différents âges: ou comme, dans une forêt, on suit dans la même heure le développement séculaire du chêne, en regardant le gland qui est à terre, puis le chêne
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Ooiy dit la scioice, ce sont des masses de matière nébuleuse qui se forment^ et se concentrait ea éCoUes.
Mais s'il en est ainsi, nous sonunes donc nés de la même manière, nous et notre soleil, et toutes les planètes qui l'entourent. Tout notre système solaire a donc été d'abord une inunense nébuleuse, de laquelle ont été tirés la terre et le soleil. Mais comment concevoir une telle transformation ? Or, c'est précisaient ce que la science conçoit, calcule avec rigueur et précision , explique dans le détail , par une des plus belles hypothèses qu'ait jamais conçues le génie * .
qui BOUS courre, et pais les rejetons aa |Ned de Fartire, puis ks jemies tiges^ et puis ks chênes de tous les âges?
* Laplace^ en adoptant les idées de Herscbel sur la condoisation progressm des nébnleiises et leur transibnnalion en étoiles, et appliquant ces idées à notre système planétaire, est parvenu à en expliquer la Ibnnation de la manière la plus satisfaisante. Aucune des particularités que roh^eiraticm a manifestées relatiTement aux planètes et à leurs sateUile?^ n'édiappe à Tingénieuse explication qu*il adéveloppw à la fin de Texpo^tion du fc^1lstéme du monde.
Une seule donnée probable, je dirai même inévitable, explique, dsK le denier détail, tous les frits qui sont sous nos yeux, la pluralité des planètes, leurs distances appraximatiTeà, leur doisité toujours croissante de la circoni&reBce au centre, Tcxistaice de leufs saintes, de leurs anneaux ; levrsorbites inclinées sur Téqoaleur coMMMun, leurs mouTemcttls tous dirigés das le même sens, et leur vitesse diverse de traa^tioM plus rapide pour les corps
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Armée des lois physiques et du calcul, la science nous montre le nuage primaire, sous l'influence des forces et du mouvement qui viennent de Diet^ se divisant , et formant ce que Ton peut appeler les eaux d'en haut et les eaux d'en bas, et puis posant au centre de toutes ces eaux un point d'affer* missement, et puis accélérant le mouvement à me^ sure que le centre se forme. Les eaux les plus lointaines, relativement au centre général, sont d'abord la ceinture du tout , puis se séparent du tout, puis se rassemblent les premières en masse, et forment la première planète, l'aîné des globes^ qui est, à la fois, le plus éloigné du soleil, le plus lent, le plus sombre. Les autres terres se forment à leur tour, les plus jeunes sont les plus rapprochées, et en même temps les plus agiles, les plus solides, les plus fécondes et les plus lumineuses ; et enfin le soleil, comme l'a dit la Genèse, se forme après la terre et le dernier. La lumière, créée avant tout, ne prend corps qu'après tout le reste.
Et cette marche de la circonférence au centre,
plus centraux, et leur vitesse de rotation, et le mouvement même des satellites, et jusqu'à cette étrange disposition de notre lune qui nous présente constamment la même face et jamais la face oppodée« Tout cet ensemble, tous ces détails, sont déduits et sont calculés à partir de Tidée première.
se fait en quelques stations très-distinctes, dont chacune est un monde, ou, si Ton veut, un groupe de mondes.
' On peut, disent les astronomes, distinguer trois zones, trois groupes de mondes, dans notre système 'planétaire. La phis extérieure des trois zones se compose de planètes qui ont beaucoup de masse, mais peu de vitesse ; beaucoup de matière , mais fi^ii de luràière et ?Je chaleur ; qui, probablement, ^n'ont jamais vu le disque du soleil, et ne connaissent que la lumière diffuse, et ne croient pas, peutêtre, qu'elle ait une source. Telle de ces premières ^planètes est tout au moins mille fois plus grosse que notre terre : telle autre .a mille fois moins de chaleur. Toutes ont, tout au plus, deux cents fois moins de lumière que nous, et sont, au moins, 'tent et cent fois plus grosses. Ces grandes masses, entourées d'anneaux et de lunes , et enveloppées ^'une très-lourde atmosphère, vivent dans un continuel crépuscule, et reçoivent indirectement, par ;Ieurs anneaux et par leurs lunes, presque autant de lumière réfléchie que de lumière directe par le soleil. Elles traversent des jours plus courts, plus sombres et plus fugitifs que les nôtres, avec beau-
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toup moins de progrès. Leurs années sont de dix taille jours, ou même de cent nrille jours, et il leur faut des quarts de siècle, ou même des siècles comme nos siècles , pour revoir un été , et pour retrouver une moisson.
Pendant que la planète la plus centrale de tout le système planétaire fait, en moins de cent jours, le tour entier de sa source de vie, il faut à la dernière deux siècles , morcelés en deux cent mille jours, sous une chaleur et une lumière mille fois moindres que celle de nos jours tempérés , pour faire le tour du même soleiL Grandeur de masse et grosseur de* volume ; lenteur de mouvement ; imperceptible crépuscule ; faible chaleur absorbée par une lourde atmosphère } morcellement des jours ; lumière très-réfrangée par l'atmosphère opaque, et réfléchie par les anneaux et par les lunes ; jours sans durée, années sans fin; rapide tournoiement sur soi-même, et lente circulation autour du principe de la vie } grande diffusion des divers états de la vie ; peu de contraste entre la nuit et le jour, et entre les saisons ; peu de contraste entre le globe solide et l'atmosphère ; tels sont les carac^ tères de ces demeures très-avancées vers les téné^ bres extérieures»
Que dire maintenant de la seconde aone, inter^
médiaire entre les demeures relativement centrales et celles que Ton peut nommer extérieures ? Dans cette zone^ selon nous, il n'y a rien, rien qu'un es* pace et un nombre abstrait, répondant à la loi des distances; car la planète à laquelle s'appliquait cette loi, bien probablement est brisée; il n'y a plus que ses débris.
Quant à la zone la plus centrale, les quatre de^ meures qui la composent sont comprises dans la lu* mière zodiacale, reste de la substance du soleil. Là, peu de matière, peu de masse, surtout peu de vo* lume. Pendant que les quatre planètes énormes de la zone extérieure ont à peine, prises ensemble, la densité moyenne de Teau , voici que les quatre petites planètes de la zone intérieure ont presque celle du fer. Peu de matière , mais beaucoup de lumière; mille fois moins de matière, mille fois plus de lumière. Ici plus de satellites, sauf un seul pour la terre; plus d'anneaux, plus d'atmosphères pesantes, peu ou point de lumière indirecte, très*r peu de lumière réfrangée; très -grand contraste entre le jour et la nuit, surtout dans les planètes sans lune ; grand contraste entre le globe et l'at* mosphère, entre les différentes saisons. Je vois ici plus de tranquillité dans les rotations autour du centre propre, plus de vitesse dans la circulation
autour du foyer de la vie. Les moissons se succèdent plus vite ^. et la nuit revient moins souvent.
Après ce groupe des demeures intérieures, il n'y a plus que la demeure centrale , le soleil. £st*ce une demeure ? La vie s'y développe^t-elle ? N'est-ce qu'un immense feu, une machine qui entraîne les vaisseaux de la flotte? J'avoue que je ne puis me faire à la pensée de regarder notre soleil comme un simple tison, comme un tison quatorze cent mille fois plus grand que notre terre. J'aime mieux la pensée de Herschel , et de presque tous les savants, qui voient dans le soleil un globe enveloppé d'une auréole, dont la flamme ne commence qu'à mille lieues du noyau, peut-^re, et d'ailleurs en est séparé par une enveloppe de nuages au sein d'une atmosphère immense. Là se trouverait une demeure où il n'y aurait plus de nuit, plus de vicissitudes de saisons, mais un continuel midi dans un été continuel.
Mais, puisque nous décrivons ces demeures d^ verses auxquelles nous vmilons comparer les de* meures de notre âme dans le progrès de sa vie ii»térieure, nous ne pouvons omettre un autre ordre de corps célestes, que nous n'appellerons pas des demeures, mais des masses mortes, ou plutôt \xiie écume de matière sans foiwe stable, sans ordre ni