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INTRODUCTION

La Philosophie de la fortification est une étude qui manque à l’école du métier des armes; distincte, pour ne pas dire étrangère à la science des constructions, elle consiste à analyser et à combiner les résultats de la valeur des systèmes en usage par celle des facultés physiques et morales du soldat de 'l’époque. Elle est donc essentiellement du domaine des hautes capacités de l’état militaire et du gouvernement. Elle seule conduit

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à la découverte et à l’appréciation réelle des moyens par lesquels on peut rendre à la fortification la puissance d’opinion et de fait qu’elle a exercée sur les peuples anciens.

L’étude de la fortification a toujours été tellement sèche et spéciale aux constructions qui n’intéressent que les ingénieurs , que la généralité des militaires n’en apprend que la nomenclature et le catéchisme donné de son emploi, sans en avoir jamais cherché les sym'pathies et les antipathies pour les facultés du soldat. La Philosophie de la fortification a donc pour but de chercher, pour ainsi dire, des organes de vie dans des masses inanimées, par des formes et des combinaisons qu’il faut rendre dociles aux besoins , et je dirai même aux caprices du caractère national du soldat.

prétention des systèmes en usage, est de vouer le soldat au despotisme de la fortification , qui est exigeante et difficile dès les premiers jours de la défense, et qui manque à son mandat lorsque serrée de près par le»

couronnemens et les batteries-de brèche, elle n’est plus qu’un coprs mort interposé que les

défenseurs ne peuvent déplacer ou franchir pour leur salut.

C’est donc au contraire au soldat qu’il faut rajuster la fortification pour lui réserver le libre emploi de ses manœuvres et de sa puissance jusqu’aux dernières périodes de la défense dont le terme peut se prolonger jusque dans les décombres des ouvrages.

• Tel est le but du problème dont j’ai cherché à esquisser les traits dans ce travail , que j’ai divisé en deux parties dans l’ordre rationnel que je viens d’indiquer.

La première partie qui présente le tableau des moyens militaires de la P'rance , combinés avec le système actuel de l’assiette de nos places fortes, nous conduit à la nécessité de fortifier Paris comme complément indispensable à toutes les autres combinaisons du système général de la défense du royaume. La seconde , qui présente l’analyse des facultés et du caractère national du soldat, nous conduit à celle de changer le système actuel de l’école de la fortification, sous peine de rester dans

l’impuissajïce et la déception au jour des épreuves.

Les trois conditions essentielles et principales que me suis imposées dans la recherche du problème, ont été :

1 ® Le développement de la puissance par la confiance du soldat dans les moyens et la protection de la fortification ;

a° L’économie dans les nouvelles constructions de places à faire et qui serait de plus de trente pour cent sur le prix de l’ancien système en usage ;

3® Enfin la condition de rendre la défense plus facile, plus longue, plus énergique et moins meurtrière pour la place, en isolant les foyers de la défense , de la masse centrale où elle doit avoir, ainsi que la bourgeoisie , sécurité complète , pour réparer et entretenir la santé physique et morale de la position.

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