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DE LA BOURGEOISIE

La bourgeoisie, dans les places de guerre, a été souvent un sujet de controverse, relativement à l’action qu’elle exerce sur la défense. Des opinions influentes sur la matière se sont prononcées pour l’isolement complet des militaires, surtout pendant les orages de la défense. Ils n’ont vu dans les habitans des villes de guerre que des populations qui ne se plient que difficilement aux lois de la police militaire , qui, n’ayant pas chez eux les provisions suffisantes ou nécessaires pour traverser le temps d’un siège ou d’un blocus, diminuent ou consomment ce qui devrait être réservé pour la garnison ; qui enfin dans les

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crises capitales de la défense forcent ou entraînent la garnison à capituler. Il faut avouer que ces considérations sont vraies, au moins en partie : mais en conclure qu’il ne faudrait pas d’habitans bourgeois dans les villes de guerre , c’est s’exposer à d’autres inconvéniens non moins graves.

Pour le cas d’un siège qui est heureusement très-rare, on ne ferait, des places de guerre , que des camps d’ennui pour les garnisons qui y seraient affamées de tous nos besoins de société animale et morale qui sont indispensables à notre état social. Les places de guerre, au lieu d’avoir droit de bourgeoisie dans nos mœurs nationales , ne seraient que des possessions militaires étrangères aux affections de la banlieue au milieu de laquelle elles seraient situées. Elles manqueraient, en temps de siège, d’une infinité de denrées ou marchandises dont l’état ne pourrait avoir la nomenclature, dans ses magasins. Elles manqueraient de cette physionomie de société, qui est indispensable au caractère français ,

(*t dans laquelle il retrempe son amour pour la gloire, et se délasse de ses fatigues et de ses dangers. Elle manquerait enfin de tous les secours et ressources qu’une place assiégée tire des habitans et des métiers qui y sont en proportion de son importance.

Ainsi donc il n’y a pas à balancer, les places de guerre doivent être habitées par la bourgeoisie ; mais il faut trouver dans le système de leur assiette, les moyens de les marier avec la bourgeoisie, de manière que la part de leurs privations et de leurs dangers, dans les crises d’un siège, n’excède pas ce qu’a droit d’en exiger le pacte social. Je pense donc que relativement aux trois grandes places que je propose autour de Paris, le Gouvernement doit favoriser les bâtisses et établissemens particuliers qui viendraient s’y fixer, par une dispense de contributions pendant vingt-cinq ans, et la renouveler de droit pour quinze années, en faveur de la totalité de la place, chaque fois qu’elle aurait été assiégée et qu’elle aurait soutenu les attaques jusqu’à la brèche.

De plus, toutes les places du premier ordre, an moins , devraient être villes d’entrepôt avec franchise de droits, pour toutes les denrées nécessaires à la vie animale.

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